histoire-d-une-mouette-et-du-chat-qui-lui-apprit-a-voler-190173Kengah la mouette a traîné un peu trop: la colonie est partie pendant qu’elle attrapait un dernier hareng, et elle est seule désormais. De plus, une vague a abattu sur elle le fléau de la mer, la peste noire des océans, cette boue gluante et noirâtre qui lui souille les plumes et lui colle les ailes. Elle use ses dernières forces pour venir échouer sur le balcon de Zorbas. Zorbas est un gros et grand chat noir qui passe le plus clair de son temps à observer le port depuis le balcon. Il aurait pu être un de ces chats des ports qui se régalent des restes de poissons et débarrasse les navires des rats tout en gardant une aura de liberté, mais il aime trop son petit maitre qui l’a sauvé d’un pélican trop gourmand et de la malédiction du chat porte-malheur que personne n’aime. Alors il ne sait pas vraiment comment réagir lorsqu’un mouette très sale s’écrase sur son balcon et lui fait promettre, dans un dernier souffle, de s’occuper de son oeuf jusqu’à l’arrivée du poussin et de lui apprendre à voler. Zorbas est perplexe… Il sollicite donc l’aide de Colonello, une pointure dans la population féline du port, ainsi que de Jesaistout, le chat encyclopédiste. Même s’il est bien difficile pour tous de savoir quoi faire exactement, la première étape semble toute trouvée: bien garder l’oeuf au chaud.

Que c’est touchant cette petite histoire! Qu’ils en ont du caractère ces chats! Ils n’hésitent pas à sortir les griffes pour expliquer que ce n’est pas parce qu’on est un chat de salon qu’on ne sait pas se faire respecter. Dans ce livre, les chats du port sont loin d’être des parasites errants, mais bien toute une organisation bien hiérarchisée. Colonello a même son assistant personnel, Secretario, qui a la fâcheuse manie de lui ôter les mots de la bouche. Et d’ailleurs, les hommes, s’ils sont des maîtres tout à fait adorables, sont loin de se douter de l’ampleur de la société féline, puisque si les chats ne miaulent pas en langage humain, c’est par choix! Parce que s’ils le voulaient…
Et la mouette dans tout cela? Et bien elle se prend pour un chat! Elle grandit entourée par eux, ne connaît qu’eux et n’aime qu’eux. Le personnage est cocasse et très attachant lorsqu’on essaye de lui expliquer la fracture irréductible entre les oiseaux et les chats. On a donc là une réflexion attendrissante sur la liberté et l’attachement, sur la loyauté et les différences. Intemporelle, cette fable n’en oublie pas d’être pleine d’humour et de surprise. Que du bon!

La note de Mélu:

Note 5

Un excellent moment!

Un mot sur l’auteur: Luis Sepùlveda (né en 1949) est un écrivain chilien qui n'hésite pas à s'engager. D’autres de ses oeuvres sur Ma Bouquinerie:

les-roses-d-atacama_couv  Le vieux qui lisait des romans d'amour (2) Rec R240

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catégorie “animal”

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