meurtre_sur_papier_glace_350Bailey est journaliste free-lance dans un magazine de mode. Un dimanche matin, sa patronne ainsi que meilleure amie Cat la réveille alors qu’elle se prélasserait bien dans les bras d’un amant qu’elle désespère de retenir. Cat est complètement affolée: sa baby-sitter, qu’elle loge dans un studio attenant à sa propriété, ne répond pas lorsqu’on frappe à la porte. Cat est persuadée qu’il y a quelque chose de louche. Lorsque Bailey arrive, c’est pour trouver le cadavre d’Heidi, la baby-sitter, visiblement empoisonnée par une boite de chocolat. Evidemment, très vite, la police enquête sur les proches de la famille, et les média se délectent de relayer la moindre information sur la très en vue patronne du célébrissime magazine Gloss. Pourtant, celle-ci n’a pas confiance. Elle demande à Bailey de se renseigner sur la baby-sitter, de creuser un peu plus. Alors Bailey creuse. Elle se rend alors vite compte que la boite de chocolat empoisonnés ne semblait pas destinée à Heidi, mais à sa patronne. Cat serait-elle la cible d’un complot qui vise les rédacteurs en chef des plus grands magazines? Ou alors la blonde Heidi aurait-elle une vie plus tumultueuse qu’elle ne le laissait croire?

Il faut l’avouer: pour un roman de chick-litt, celui-ci se pare d’une intrigue policière plutôt bien fichue. Les deux principales pistes sont suivies, développées et nourries avec une richesse et une virtuosité remarquable. On comprend très vite que Cat a de très nombreux ennemis, que sa place est un fauteuil éjectable et qu’elle pourrait très bien être la victime visée. Surtout que plus le livre avance, plus les mensonges et les dissimulations de Cat envers Bailey se multiplient. D’un autre côté, qui pourrait en vouloir à une simple baby-sitter? Les faux-semblants, fausses pistes et retournements de situations ne cessent d’intervenir, et jusqu’au dernier moment on ne sait à quoi s’en tenir exactement, au point que Cat elle-même en devient à la fois soupçonnée d’être cible et meurtrière.
Pour ce qui est des personnages, en revanche, je suis plus mitigée. Autant j’ai été emballée par Cat, qui a tout d’une business-woman fashionista qui impose à la fois le respect et le venin, et qui révèle peu à peu ses fêlures et la pression qui pèse sur elle; autant j’ai trouvé l’héroïne et narratrice sans aucun intérêt. Non seulement elle réussit à tout comprendre et à faire mieux qu’une armada de policier, mais en plus elle n’a ni talent particulier ni caractère particulièrement attachant, drôle ou émouvant. Tout juste se lamente-t-elle d’avoir jeté son dévolu sur un garçon peu enclin aux sentiments et rougit-elle un peu lorsqu’elle se retrouve en tête à tête avec un psy sexy. Bref, je l’ai trouvée relativement plate, elle disparaît complètement derrière son enquête au point où je me suis demandée tout le roman comment elle s’appelait, déjà, cette fille qui dit “je” dans l’histoire.
D’où un ton qui s’allège beaucoup du policier traditionnel, mais qui n’atteint pas la légèreté que j’apprécie dans un roman de chick-litt. Il se prend encore un peu trop au sérieux pour moi et c’est dommage.

La note de Mélu:

Note 3

Un bon concept mais pas assez fou pour moi.

Titre original: If Looks Could Kill (traduit de l’anglais)

Un mot sur l’auteur: Kate White (née en 1951) est une journaliste et romancière américaine. Jusqu’en 2012, elle était rédactrice en chef du magazine Cosmopolitan.

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