Ma bouquinerie

19-05-12

Lectrice buissonnière… s’interroge sur ses articles

Une fois n'est pas coutume, voici un long article où je partage quelques réflexions.

Depuis que je fréquente la “blogosphère” (soit cinq ans cette année tout de même), je me suis mise à regarder d’un peu plus près mes articles. A les comparer aux autres. Je tiens mon blog sans prétention aucune, et je ne prétends surtout pas avoir LA bonne manière de faire, mais j’ai vu tellement de choses étranges que je ne peux m’empêcher de m’interroger.

D’abord, j’ai un gros problème avec le mot qui désigne ces articles de blog et que tout le monde emploie:” chronique”. Serait-on en train de réécrire la langue française? Comme son nom et sa dérivation l’indiquent, une chronique (du grec “chronos”, qui signifie “temps”) est un texte soumis à une publication régulière : tous les jours, toutes les semaines… Quel est le rapport avec un article de blog donnant son avis sur un livre? Est-ce par pédanterie, pour imiter les “chroniqueurs” professionnels dans les magazines ou émissions télévisés? Ou n’est-ce pas une couarde modification du mot “critique” dont on ne veut pas assumer la trop fréquente connotation négative? Et bien moi je l’assume: en bonne fidèle à la langue française, je me rappelle qu’une critique peut être bonne, élogieuse, voire dithyrambique. Sur ce blog, j’écris mes critiques. La seule chronique, c’est le rendez-vous au musée du dimanche. Parce que c’est tous les dimanches.

Ensuite, j'ai comparé le contenu. Personnellement, je fais des articles plutôt courts. Cela tient à une seule raison: quand je vais sur les blog des autres, les critiques trop longues me font fuir. Je sais que ce n’est pas très gentil pour celui/celle qui a pris le temps de développer son avis, mais je n’y peux rien: j’aime quand on va à l’essentiel, surtout que plus la critique est longue plus elle en dit sur le livre et me gâche la moitié de la découverte. Quelle n’a pas été ma surprise de constater que, loin de partager mes goûts pour la brièveté, d'autres blogueurs développent leurs critiques, y racontent l'intrigue dans ses moindres détails, prévenant même parfois le lecteur de ne pas lire la critique s'il n'a pas lu le livre (?), l'assortissant d'une vidéo dont je me demande toujours si elle répète l'avis écrit ou si elle ajoute encore des choses, ou même les subdivisent en trois parties “1. Les personnages 2. Le style 3. L’intrigue”. Cette rigueur de devoir scolaire m'intrigue, et je me sens intimidée avec mes critiques écrites au feeling, sans vidéo, sans organisation particulière, courtes, qui passent certainement sous silence beaucoup de choses...

Et dernièrement, après une ou deux aventures qui m’ont décidée à écrire ces réflexions, je me demande si je ne suis pas un peu ambitieuse à vouloir écrire moi-même mes critiques. Je m’explique: je commence toujours mon article en résumant brièvement le contenu du livre, ce qui me semble normal. Et pourtant, beaucoup de blogueurs commencent leurs articles par la quatrième de couverture du livre, qu’il est facile de trouver sur internet. Et par deux fois, deux blogueuses un peu trop pressées ont copié-collé mon résumé, pensant que je faisais comme tout le monde et qu’il s’agissait là d’une accroche commerciale officielle. Je ne leur en veux pas bien sûr, puisqu’elles se sont excusées de leur méprise et n’avaient bien évidemment aucune intention plagiaire, mais cela démontre bien que mon entreprise est plutôt isolée sur la toile. Sur un forum, quelqu’un s'est étonné que je ne le précise pas, c'est vrai que je ne pense pas à dire que j’ai bien écrit mon article toute seule en entier. Serait-ce une condition sine qua non que de citer le résumé officiel du livre?

J'ai donc l'impression que mes critiques ne correspondent pas vraiment à ce qu'on veut lire ou faire sur la fameuse "blogosphère"...  qu'il existe une sorte de norme de la critique bloguesque, avec des passages obligés, des manières de faire auxquels il faudrait se plier pour que tout le monde puisse s'y retrouver, un nombre de mot minimum, un style pas trop virulent, ....

Et pourtant… quelle n’est pas ma joie quand je tombe sur des blogs originaux, sur des critiques qui sortent de l’ordinaire. J’en ai vu sous forme de lettres à l’auteur, sous forme d’interview du personnage principal, ou encore pleines d'humour, de couleurs et d’effets oratoires qui étaient des petits morceaux de bravoure à eux tout seuls… Un vrai régal!

 

Chers blogueurs que je lis, chers blogueurs qui me lisez, j'en appelle à votre avis: vous sentez-vous libre quand vous écrivez vos critiques? Vous sentez-vous obligé de vous soumettre à un certain nombre de règles, à un certain nombre de pratiques bloguesques (swap, vidéos, concours...)? Ecrivez-vous d'abord en fonction de vous ou en fonction des personnes suceptibles de vous lire?

Dans tous les cas, je vous y invite: continuez à être originaux et à faire des critiques qui vous ressemblent à VOUS et pas à ce que vos lecteurs attendent de vous (quels qu’ils soient, professionnels ou non).

Signé Melusine1701 à 06:32 - Vos impressions [0] - Rétroliens [0]


18-05-12

Lettres d’Agathe - Nathalie Ferlut

Lettre d'agatheLes lettres d’Agathe, elles sont adressées à sa mère. Une mère qui l’a eue seule: conçue au retour de guerre de son père, par un couple déjà quasiment mort. Son père partira avant sa naissance, et sa mère ne daignera même pas donner un prénom à cette enfant dont elle ne voulait pas. Commence alors une enfance en transparence: froideur voire rejet, réprimandes permanentes, incompréhension face à l’amour auquel ses frères ont droit et dont elle est privée, elle, la seule fille. Robes coupées dans des vieux vêtements données, tâches ménagères, interdiction de sortie, de lecture ou d’amusement… Agathe déverse son besoin d’amour et son mal-être d’enfant persuadée de n’être qu’une quantité méprisable.

Cette bande-dessinée m’a profondément touchée. Le quotidien de cette petite fille dont on nie jusqu’à l’existence m’a bouleversée et on commence par détester cette femme froide qui s’inscrit dans la lignée des mauvaises mères et n’est pas sans rappeler la célèbre Folcoche. On respire avec elle lorsqu’elle obtient, comme une éclaircie salvatrice, son départ de la famille. On cherche avec elle les raisons de cette relation si froide. Emotion, introspection, drame social, ce récit flirte avec tous ces genres. J’ai notamment apprécié les personnages secondaires et la manière dont ils sont brossés: le beau-père, qui tente de trouver une place réconfortante; le frère, qui protège sa petite soeur tant qu’il le peut; les amis, qui n’ont pas d’enfants et choient la petite fille. Mais surtout, ce personnage de mère si mystérieux, si difficile à comprendre, plein de complexité et qu’on finirait presque par plaindre, dans une époque où éduquer une fille est encore difficile à assumer. A la fois naïfs et sévères, les dessins nous plongent dans une atmosphère pesante qui oscille entre anxiété vétuste et libération moderne.

La note de Mélu:

Note 4

Une bande-dessinée troublante.

Un mot sur l'auteure: Nathalie Ferlut (née en 1968) est une auteure et dessinatrice française.

 

challenge petit bac

catégorie “objet”

Signé Melusine1701 à 06:22 - BD et Mangas - Vos impressions [0] - Rétroliens [0]
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16-05-12

Les Roses d’Atacama - Luis Sepulveda

les-roses-d-atacama_couvLe livre: A la recherche de la tombe d’Anne Frank, un narrateur réalise combien ils sont nombreux ces héros ordinaires, ces personnalités hors du commun qui sont passés sous silence. A ceux qu’il a croisé, il consacre un portrait. En toile de fond, on devine les grands maux modernes: les guerres des Balkans, les dictatures d’Amérique du Sud. Et devant eux, des personnages touchants, voire édifiants. Un pirate qui redistribue aux populations ce qu’il récupère sur l’impôt. Un trapéziste dont on a coupé les ailes lorsqu’on a arrêté son frère jumeau. Un homme qui conduit les bateaux trop fatigués dans un cimetière, leur dernière demeure. Un chien dont le maître meurt et que le village entier adopte. Un homme victime des expérimentations nazies déterminé à obtenir justice. Et tellement d’autres…

Il y en a une trentaine de ces histoires. Et dans chacune, le narrateur s’insurge, contre la violence, la morale catholique, le mépris, la guerre, le racisme, la stupidité humaine sous toutes ses formes. Mais aussi, il admire. Et dans chacune de ces histoires, même si l’on commence à se raidir d’indignation, voire d’horreur (j’ai un pincement au coeur en repensant à l’histoire où il décrit les ravages du tourisme maritime sur les baleines), on termine chacune d’entre elle sur un inexplicable mouvement d’élévation, une bouffée d’optimisme et de fierté devant celui, celle ou ceux qui n’ont pas flanché. Si j’ai eu, je dois l’avouer, un peu de mal à me plonger dans le rythme de ce recueil, dont les histoires ne sont parfois que des instantanées, instants de vie dans lesquels on ne rentre pas vraiment, sur lesquels on ne s’attarde pas, j’ai ensuite été happée par cette oscillation entre révolte et émerveillement.

La note de Mélu:

Note 4

Un grand merci à Lili Galipette pour m’avoir offert ce très beau livre!

Un mot sur l’auteur: j’ai découvert Luis Sepulveda avec Le Vieux qui lisait des romans d’amour. Une plume poétique et exotique.

challenge petit bac

catégorie “végétal”

Signé Melusine1701 à 06:31 - Contes et nouvelles - Vos impressions [2] - Rétroliens [0]
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14-05-12

Ma première histoire de France - Claire Delbard et Mathieu Sapin

ma première histoire de france

Il n’y a pas d’âge pour se cultiver! Depuis la préhistoire jusqu’à nos jours, découvrons les grandes époques de l’histoire de France. On passe par l’Antiquité, le Moyen Age, la Renaissance, le siècle de Louis XIV, la Révolution, l’âge industriel pour finir avec la Première Guerre Mondiale. Une double page illustrée nous présente chaque époque. Une phrase nous explique brièvement la période où nous nous trouvons, et à nous d’inspecter l’image pour y étudier les multiples petits personnages et détails. Et de temps en temps, une question. “Que mangeaient les Gaulois?” “Comment étaient les châteaux à la Renaissance?” “Pourquoi appelait-on Louis XIV le roi Soleil?”. Pour le savoir, soulevez la trappe: dessous, vous trouverez la réponse, avec une photographie, pour approfondir votre culture!

Le concept de cet album m’a beaucoup plu. D’abord parce que j’aime les albums pour enfants qui ont pour vocation d’enseigner quelque chose de manière ludique: les enfants peuvent comprendre beaucoup de choses, pourquoi s'en priver? On n’hésite d’ailleurs pas à y évoquer des sujets historiques assez durs, comme les tranchées de 1914 ou la guillotine, qui fait l’objet d’une explication assez complète. Les dessins, ronds et attachants et pourtant d’une grande précision, m’ont également séduite. J’ai beaucoup apprécié le souci du détail dont ils font preuve. Je me suis beaucoup amusée à essayer de formuler les réponses avant de soulever les petites trappes pour lire la réponse. Je ne regrette qu’une chose : après la Première Guerre Mondiale, on passe directement à la France de nos jours. Je trouve le raccourci un peu dommage, une double page sur les années Hippie par exemple, ou sur les Trente Glorieuses, auraient permis de faire un lien plus cohérent.

La note de Mélu:

Note 4

Un grand merci à Inès des éditions tourbillon pour l’envoi de ce livre.

Un mot sur l'’auteure: Claire Delbardest chercheuse en littérature de jeunesse à l’université de Dijon.

Un mot sur l'’illustrateur: Mathieu Sapin (né en 1974) est un auteur et dessinateur de bande-dessinée.

Un petit extrait:

extrait

1 livre 1 genre

catégorie “livre pop-up”

Signé Melusine1701 à 06:58 - Jeunesse - Vos impressions [0] - Rétroliens [0]
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13-05-12

Dimanche au musée n°101: Paul Baudry

Cette semaine, retour dans une peinture plus académique. Paul Baudry (1828-1886) a travaillé pour Napoléon III, qui lui avait confié certaines décorations de l’Opéra Garnier. Voici L’Assassinat de Marat, également intitulé Charlotte Corday

Charlotte_Corday baudry

Rappelons le contexte: à vingt-trois ans, Charlotte Corday est déjà une révolutionnaire dans l’âme qui suit et admire de loin les actes des députés pour assoir la République. En 1793, elle prend conscience des excès d’une Révolution en train de dégénérer. Apprenant que Marat se félicite des massacres perpétrés, elle décide de passer à l’acte. Après plusieurs tentatives appuyées de lettres prétendant l’avertir d’un complot, elle parvient à être reçue par Marat lui-même malgré les réticences de son entourage. Marat la reçoit dans sa baignoire, où il se trouve à cause de son état de santé. Lorsque Marat lui annonce qu’il compte envoyer encore du monde à la guillotine, elle le poignarde au coeur.

J’ai bien évidemment simplifié la chose, l’assassinat de Marat restant un des épisodes les plus mystérieux de notre Histoire. Ce qui m’a intrigué dans ce tableau, c’est d’abord son format: il est très étriqué, tout en hauteur. Comme si l’espace était très réduit, comme si nous devions nous serrer avec les deux personnages pour tenir dans la pièce. La baignoire occupe d’ailleurs presque tout l’espace et Charlotte Corday est déjà prête à sortir. Marat est expirant, cramponné aux bords de sa baignoire, et le désordre de la pièce est éloquent. Par contre, je m’étonne de sa sobriété: pas une goutte de sang. J’ai mis un moment à comprendre où était le couteau: planté dans le torse de Marat. Habile artifice qui permet au peintre d’éviter la plaie béante tout en renforçant l’aspect supplicié de Marat. Dernier détail qui m’a fait frissonner: le visage de Charlotte Corday. Loin de regarder sa victime, elle lance droit devant elle un regard à la fois dur et étrange, et j’hésite à dire si le peintre a voulu la représenter comme un modèle de fermeté ou de folie. Toujours est-il que dans ce tableau, elle est terrifiante, limite hystérique, alors que Marat est dans son rôle de martyre.

Qu’en pensez-vous?

Signé Melusine1701 à 06:10 - Dimanche au musée - Vos impressions [1] - Rétroliens [0]


12-05-12

Lectrice buissonnière… swappée!

Il y a quelques semaines, Ardanuel nous organisait un Swap Manga. La Formule: offrir à son Swappé deux mangas choisis dans une liste de souhaits, cinq surprises dont une devant avoir un rapport avec une lettre de l’alphabet choisie par le swappé. Pour ma part, j’avais choisi la lettre “L”.

Après avoir chiné, fouiné, voir dégainé mon arsenal de bricoleuse (vous savez maintenant que je couds de chouettes trucs pour les livres) pour concocter un petit colis pour ma Swappée, me voici en attente de mon colis. Je trépigne, je m’impatiente, et enfin….

Oh le beau paquet tout rond tout scotché…

Et quelques coups de cutter plus tard (oui, il était bien scotché)….

Des paquets, des paquets, des paquets… et deux enveloppes, numérotées 1 et 2. La première contient deux superbes cartes manga et m’invite à découvrir le colis, et me révèle l’identité de ma swappeuse: Christelle! La deuxième enveloppe est à ouvrir après le déballage. A vos ordres, m’dame!

C’est Noëëëëël!

Je découvre donc :

- une adorable poupée Kimidoll, qui va probablement aller rejoindre sa copine sur mon cartable de prof (et oui,j’en ai déjà une et elles sont assorties, Christelle tu n’aurais pas pu mieux tomber!)
- un paquet de bonbons mélangés, pour varier les plaisirs.
- un paquet d'infusion aux fruits rouges appelé Rooibos, surnommé "thé rouge". Je ne connaissais pas du tout, mais Christelle m’en a expliqué toutes les surprises et franchement, je suis émerveillée! J’adooooooooore les découvertes!
- une ADORABLE peluche LAPIN (lettre “L”, vous vous rappelez?)
- et deux manga: “Hokusai” et “Kurosagi”. Et là encore, je suis épatée, Christelle a du goût, elle a choisi de superbes ouvrages, loin du cliché du manga pour enfant, de vrais romans graphiques.

Kawai et élégant, Chritelle a tout bon, elle m’a énormément gâtée, un grand MERCI!!! Et aussi à Arda bien sûr pour l’organisation!

Signé Melusine1701 à 11:00 - Vos impressions [3] - Rétroliens [0]

11-05-12

La nuit je suis Buffy Summers - Chloé Delaume

la-nuit-je-suis-buffy-summers-chloe-delaume-9782915453393L’auteur: Chloé Delaume (née en 1973) est une auteure française, dont l’univers gothique et morbide m’avait intrigué lorsque je l’avais vue dans “La Grande Librairie”.

Le livre: Vous vous réveillez, amnésique, vêtue d’une seule chemise de nuit, dans une chambre d’hôpital, visiblement en section psychiatrique. Dehors, d’autres patients, et une étrange infirmière, Miss Mildred, qui semble organiser un inquiétant trafic. Rassemblez vos forces: vous disposez de quinze points à répartir entre vos aptitudes physiques et votre santé mentale. Décidez-vous de fouiller la chambre? Vous obtiendrez divers objets que vous prendrez soin de consigner dans votre inventaire. Préférez-vous explorer le couloir? Sautez quelques pages: vous pourrez atteindre le réfectoire, où vous croiserez un certain A ou une jeune fille appelée W, très intelligente. Ou encore la bibliothèque, ou RG vous attend avec ses petites lunettes sur le nez et son allure anglaise. Mais attention: au détour d’une allée, vous pourriez bien croiser un Menuisier borgne, une dame à la buche, un démon inédit, ou une Chirurgienne armée de terribles talons aiguilles, et il vous faudra les combattre. Et d’après vous, qui est cette Buffy Summers dont vous avez retrouvé le journal et une lettre, et qui semble de taille à affronter Miss Mildred?

Mouarf! Je me suis RE-GA-LEE. Ce livre est un livre-jeu, dont vous êtes le héros, ou plutôt l’héroïne. Suivant les choix que vous ferez, l’histoire se déroulera différemment. Suivant vos victoires aux combats, les possibilités se multiplieront encore. Au bas de chaque page sont imprimés deux dés: faites-les défiler, arrêtez-vous sur une page au hasard, et les dés sont jetés! Dans l’option que j’ai suivie, j’apprends que Miss Mildred a conclu un pacte avec le Maire (qui s’avère être le Maitre, un terrible démon) pour lui fournir des cadavres de patients, et que ce trafic est soutenu par la secte des Néantiseurs, des Nihilistes qui veulent la fin de toute chose. J’ai croisé au passage le fantôme de Cordélia (qui s’est moqué de ma coupe de cheveux), Emmy qui se métamorphose en rat, j’ai comparé le Soleil Vert et la Salsepareille et je crois même avoir aperçu Bree Van de Kamp après qu’on m’ait expliqué que je me trouvais dans un hôpital réservé aux personnages de fiction. En bref: c’est très glauque, très complètement absurde et je me suis énormément amusée à retrouver toutes les références, à consulter un article de la revue du Cercle ésotérique contemporain (n°47) qui interrogeait un membre de la secte des Néantiseurs sur ses opinions écologiques, ou à apprendre avec le professeur Stéphane Blandichon, titulaire d’un master de Sorcellerie de l’Université de Poudlard, comment réveiller les philosophes morts afin de faire parler Zarathoustra.

La note de Mélu:

Note 5

Un ovni littéraire qui se destine aux amateurs d’ingéniosité et de grand n’importe quoi, comme moi!

Plus d’info sur le livre en cliquant ici!

bannière 52 livres52 / 52 : Challenge rempli!

challenge petit baccatégorie “personne connue”

Signé Melusine1701 à 06:17 - Romans contemporains - Vos impressions [2] - Rétroliens [0]
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09-05-12

Sans même nous dire au revoir - Kentarô Ueno

sans même nous dire au revoirL’auteur: Kentarö Ueno (né en 1963) est un magaka japonais qui a habituellement un style plutôt humoristique.

Le livre: un homme, une femme, une petite fille. Une petite famille modeste. Il est mangaka, elle reste à la maison, car elle est un peu malade, dépressive. Et soudain, un jour, en descendant de l’atelier, il la trouve allongée face contre terre. Elle est décédée. Commence alors les jours d’après. Les médecins. L’enquête. L’autopsie. Les annonces à la famille. La crémation. Le tout avec une petite fille qui ne comprend pas forcément tout. Et ensuite, la vie sans. Le deuil, le lit froid, le monde qui continue de tourner comme s’il ne s’était rien passé alors que tout a basculé. Les souvenirs. Le manque.

Bouleversant, poignant, ce manga autobiographique se rapproche davantage du roman graphique. Froid et direct, le dessin employé colle parfaitement à cette ambiance à la fois banale et terriblement sinistre. Le coeur se serre de découvrir l’histoire de cette femme déjà si fragile, mais qui joue avec sa petite fille, qui aime son mari, et de la voir là, étendue par terre. C’est brutal, inattendu, on le prend comme un coup de poing dans la figure et lui aussi, mais il n’a pas le loisir de se laisser aller. Avec une froideur méthodique, il nous relate toutes les obligations mécaniques à remplir, son récit encore et encore des événements à la famille qui ne peut y croire. Et dès qu’il est seul, il laisse les images décrire cette solitude. Les grands espaces vides qui semblent se déliter, comme si l’image se déréglait, le grand lit vide, les cris silencieux, les visages qui se se fondent d’horreur, les taches noires qui envahissent la page, le tout évoquant un traumatisme sourd, qui ronge de l’intérieur de plus en plus violemment, mais impossible à laisser éclater parce qu’il y a la petite et parce qu’il y a le monde autour. Quiconque a vécu ou a vu vivre cette histoire ne peut qu’être abasourdi par la justesse et l’intensité de ce manga, qui est de plus un magnifique objet, avec une jaquette en relief.

La note de Mélu:

Note 5

Un manga époustouflant que Dje D’Ail m’a déjà volé. Un immense merci aux éditions Kana et à Babelio pour cette expérience marquante!

bannière 52 livres51 / 52

Titre original: Sayonara mo Iwazuni (traduit du Japonais, sens de lecture original)

Signé Melusine1701 à 06:00 - BD et Mangas - Vos impressions [2] - Rétroliens [0]
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08-05-12

La peau des rêves, tome 2: Nuit Brûlée - Charlotte Bousquet

livre-nuit-brulee-577-2L’auteur: Charlotte Bousquet m’a déjà ravie avec le premier tome de cette série.

Le livre:  Cleo, jeune humaine, a découvert brutalement qu’elle avait des liens avec les Chimères, ces étranges créatures mi-humaine, mi-animale qu’elle a appris toute sa vie à détester et à combattre. L’une d’elle, Lyn, lui ressemble de façon troublante, et elle est persuadée qu’il s’agit de sa soeur jumelle. Quant à Axel, l’homme-corbeau, il éveille en elle des sensations tout aussi troublantes. Mais pour avoir pris leur défense, Cleo ne peut plus revenir au Clan du Passage, sous peine d’être tuée pour trahison. Tolérée parmi les Chimères, Cleo sent pourtant qu’elle n’y est pas la bienvenue, mais elle est déterminée à en apprendre plus sur ses origines et à savoir ce que sont réellement devenu ses parents, persuadée qu’ils ont été mis à mort par les Chimères.

Après m’avoir éblouie par son style dans le premier tome, Charlotte Bousquet me bluffe par sa construction d’intrigue ici. Ce second tome est l’exact pendant du premier, comme un reflet inversé, où toutes les valeurs se renversent, et d’ailleurs cette couverture est aussi sombre que la précédente était lumineuse. Ces Chimères qui étaient de véritables démons pour Cleo deviennent ici son seul horizon, son seul univers, et c’est à une fois passée de l’autre côté de ce miroir qu’elle va se rendre compte de bien des choses au sujet de son propre Clan. Si la plupart des révélations ne sont pas d’une grande surprise, on joue le jeu volontiers tant le personnage de Cleo est convaincant, perdue entre deux mondes, obligée de remettre en question toute sa vie et toute ses valeurs sur la simple profonde conviction que sa place est près de Lyn. L’univers apocalyptique prend encore forme, puisqu’on découvre de nouvelles races étranges, mais l’effet de découverte est cependant atténué, ce qui en fait un roman plus conventionnel que le premier tome. Néanmoins, l’intrigue rattrape cela, puisqu’on suit de front l’enquête de Cleo sur ses origines, son questionnement sur son identité, sa découverte du Nid des Chimères et son attirance grandissante pour Axel qui la désespère puisqu’il ne lui manifeste que de la haine, cette même haine qu’elle a elle-même éprouvé toute sa vie pour toutes les Chimères. C'est d'ailleurs cette haine viscérale qui la pousse jusqu'au bout à croire que les Chimères ont forcément tué ses parents, sans voir que son propre clan a eu une attitude trop suspecte vis-à-vis de ses questions sur son ascendance pour y être tout à fait innocent. C’est donc un vrai plaisir encore une fois, et je regrette simplement que le personnage de Lyn n’ait pas été plus creusé pour donner vraiment toute l’ampleur à cette histoire.

La note de Mélu:

Note 5

Un immense merci aux éditions Galapagos, à Karine de logo club de lecture, à Anne Sophie et à Nathan pour la LC (qui date un peu mais on s’est retrouvé sur le forum) et dont vous pouvez aller voir l’avis, aussi enthousiaste que le mien, ici!

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Signé Melusine1701 à 06:25 - Jeunesse - Vos impressions [2] - Rétroliens [0]
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07-05-12

La main verte - Hervé Bourhis

la_main_verteL’auteur: Hervé Bourhis (né en 1974) est un scénariste, dessinateur et illustrateur français.

Le livre: Une crise énergétique très violente frappe la France: plus une goutte d’essence. Et comme plus personne n’achète de bande-dessinée, l’éditeur d’Herbert, dessinateur de son état, met la clé sous la porte. Le voici au chômage. Oui, mais la BD, il ne sait faire que ça. Pour subvenir à leurs propres besoins, ils créent un petit potager dans leur salon, mais Herbert n’est pas très doué et refuse de demander conseil à son père, qui vit à la campagne. Sa femme commence à perdre patience. Notre homme devient donc vélo-taxi pour arrondir les fins de mois. Une vieille dame, apprenant qu’il dessine, l’embauche pour restaurer un tableau. Dans son garage, il découvre un trésor: un jerrican d’essence. C’est l’occasion où jamais.

Embarquez dans ce road-movie écologique, vous ne le regretterez pas. Avec des petits personnages amusants et piquants, Hervé Bourhis se met lui-même en scène avec force auto-dérision en dessinateur BD qui se trouva fort dépourvu quand la crise fut venu. Incapable désormais de subvenir aux besoins de sa famille, le voici obligé de se servir de ses jambes (lui qui n’a rien d’un sportif), d’affronter les fantasmes d’une vieille dame un peu trop seule, alors que sa femme lui reproche sa fierté mal placée. Son père lui avait toujours dit, pourtant, d’apprendre à faire pousser des légumes, ça lui serait bien plus utile que ses gribouillages. Le résultat est un mélange de tragique et de burlesque, de réflexion et d’émotion qui fonctionne plutôt bien, et l’on suit ce père embarqué avec son fil dans la seule voiture capable encore de rouler (oui mais pour combien de temps?) à la recherche de valeurs perdues et d’une main verte qu’il aurait bien mieux fait d’apprendre autrefois.

La note de Mélu:

Note 4

Une bande-dessinée choisie au hasard, mais pour laquelle j’ai eu la main heureuse!

bannière 52 livres49 / 52

challenge petit baccatégorie “partie du corps”

Signé Melusine1701 à 06:29 - BD et Mangas - Vos impressions [0] - Rétroliens [0]
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