polinaL’auteur: Bastien Vivès (né en 1984) est un auteur de bande-dessinée français, déjà primé à Angoulême pour Le Goût du Chlore. Cette année, il participe avec Polina!

Le livre: Quelque part en Russie. Polina Oulinov, six ans, est poussée par sa mère dans une prestigieuse école de danse classique. Le maître Bojinski est dur: “Si vous n’êtes pas souple à 6 ans, vous le serez encore moins à 16 ans”.  Mais Polina intègre l’académie. Les cours sont durs. Les places dans le monde de la danse sont chères. Et un jour, pour le ballet, Polina est remarquée par le professeur Bojinski lui-même, pour un solo spécial qu’il voudrait lui voir danser.

Difficile de faire un résumé efficace d’une histoire qui se déroule sur peut-être une vingtaine d’année. Au cœur de ce récit, c’est d’abord la danse, non pas comme art, mais comme discipline exigeante, qui demande énormément d’efforts qui ne doivent surtout pas se voir. “Il est important que ça paraisse”. Véritable enjeu que cette danse: jusqu’où Polina est-elle prête à pousser son corps et sa tête dans leurs derniers retranchement pour elle? Pourquoi danse-t-elle vraiment? Est-ce vraiment ça, la danse, comme le demandent toutes les filles qui s’effondrent en pleurs après chaque cours de Bojinski? Polina, elle, danse sans trop se poser de questions, essaye de concilier sa vie de pensionnaire avec les autres filles et, bien sûr, les garçons, et les grands projets que Bojinski semble avoir pour elle… Et un jour, elle plaque tout. Du carcan de la danse, souvent représenté par les mains qui forcent les muscles de Polina à obéir, les muscles tendus, le trait en noir et blanc qui va droit à l’essentiel, vers l’errance et la bohème, Polina nous entraîne dans un chemin à la fois poétique et pathétique, sans qu’on comprenne vraiment quel en est le but. Solitaire, physiquement capable d’endurer les pires tortures mais si fragile et perdue, Polina m’a énormément touchée. Son trajet, c’est celui qui la rapproche ou qui l’éloigne de son professeur, le controversé Bonjinski, qui lui a tout appris, pour qui elle délaissera beaucoup, dont on voudra la sevrer, qu’elle fuira, qu’elle retrouvera sur son chemin. Son dessin, noyé derrière ses verres blancs et sa barbe noire, m’a beaucoup marquée.

La note de Mélu: un coup de coeur!

coup de coeur 2

Une bande-dessinée sensible, émouvante, poétique et franche, qui donne toute ses lettres de noblesse au genre du “roman graphique”.

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