matildaL'auteur: J'ai découvert Roald Dahl avec Charlie et la Chocolaterie et je l'ai présenté à cette occasion.

Le livre: la petite Matilda est une enfant exceptionnelle. A l'âge de cinq ans, elle a déjà appris à lire seule, a dévoré les plus grands classiques anglais, et sait faire de tête les multiplications les plus difficiles. Et cet exploit est d'autant plus remarquable considérant sa famille: vénérant la télévision, se nourrissant exclusivement de plats dans des barquettes en aluminium, ses parents pensent leur fille idiote et inintéressante. Sans parler de Mademoiselle Legourdin, la directrice de l'école, réputée pour tyranniser les élèves. L'ingénieuse Matilda commence alors à les punir: et la glue dans le chapeau de son père n'est qu'un début.

J'avais entendu parler de ce grand classique pour enfant à la sortie du film. Quand à Roald Dahl, c'est un mythe à lui seul. Bref, je n'ai pas été déçue. Ce petit roman reprend des thèmes chers à Roald Dahl: une enfance malheureuse, des parents incompétents et abrutis par une société de consommation et d'absurdités, et au milieu de tout cela, un enfant exceptionnel. Le thème de l'école vient couronner tout cela. Vous l'aurez compris: ce livre glorifie le savoir, l'instruction et l'intelligence qui permettent de triompher de l'injustice flagrante commise par les aînés sur leurs descendants. Partant du discours parental selon lequel "lire est une perte de temps", on peut en effet épiloguer des heures sur la signification des aventures de Matilda. Ne nous voilons pas la face: ce livre regorge aussi de scènes cocasses et hilarantes, qu'il s'agisse du père dont le chapeau reste collé sur la tête, de mésaventure avec une lotion à décolorer les cheveux, ou de l'apparition d'un triton dans le pichet d'eau de la directrice. Un vrai plaisir pour petits et grands.

matilda_filmLe film: en 1996, Dany DeVito (comédien qui a été dirigé par Tim Burton dans Batman, Big Fish ou Mars Attack lorsqu'il n'était pas derrière la caméra) adapte le roman de Roald Dahl au cinéma. Il y incarne d'ailleurs le rôle du père de Matilda: je n'imaginais pas du tout le personnage comme cela (je le voyais plus gredin limite mafieux) mais le talent de l'acteur a su me convaincre. Pimbêche et blondasse à souhait, la mère de Matilda est campée par une Rhea Perlman que j'ai trouvé beaucoup trop caricaturale jusqu'à ce que je me rappelle qu'elle l'était aussi dans le livre. Quant à Matilda elle-même, c'est Mara Wilson qui lui prête ses traits. Là, un seul regret: la petite fille est âgée de huit ans lors du tournage, le scénario prévoit une Matilda âgée de six ans alors que le roman la situait à cinq ans, bref: j'ai été déçue de trouver une Matilda moins enfantine que je l'espérais. Quelques modifications sont à noter côté scénario: le film débute lorsque Matilda, encore bébé, est oubliée dans la voiture de ses parents, preuve que ceux-ci font peu de cas de leurs enfants. On la voit ensuite à quatre ans apprendre à lire malgré la toute-puissance de la télévision. On prend donc le temps de nous expliquer le parcours de l'enfant, pour mieux mettre en avant les deux figures grimaçantes qui lui servent de parents. Cependant, même si les scènes les plus abracadabrantes sont reproduites exactement comme dans le livre, elles semblent très surfaites et beaucoup moins plaisantes que dans le texte. L'ensemble reste divertissant, même si ce n'est pas le film du siècle. Mais pour le coup, la lecture du roman peut largement suffire.

lunettes_noires