suivez moi jeune hommePas drôle tous les jours, la vie de Thomas. Difficile, par exemple, de voir tous les jours la jolie Mia, sa meilleure amie, dont il voudrait bien qu’elle soit un peu plus. Mais évidemment, elle ne peut pas aimer un garçon en fauteuil roulant… Son nouveau voisin a pourtant de quoi le distraire. Il faut dire qu’il est un peu étrange. Il a réussi à l’embaucher plus ou moins contre son gré pour l’aider à ranger ses cartons. Et il utilise des mots vraiment inhabituels. Des mots anciens, oubliés. Il se présente d’ailleurs comme un résistant: il empêche les mots de tomber dans l’oubli. Mieux: il fait revivre les mots qu’on pensait oubliés. Il en mets d’ailleurs plein ses phrases.

Ce très court roman jeunesse est drôlement bien fichu. Comme beaucoup de romans jeunesse recommandés dans les programmes de Français, il tourne de manière peu subtile autour d’un sujet un peu intello et un peu scolaire. Mais comme peu de ces romans-là, il arrive à construire autour une intrigue qui tient la route et des personnages très attachants. Car je me suis beaucoup attaché à Thomas: en peu de mots, j’ai été touchée par son mélange de gêne et de fierté face au handicap, sa résignation douce-amère face à son amour pour Mia. Sans emphase, sans pathos, cela donne de la profondeur au personnage.
Mais bon, sans se voiler la face, l’intérêt principal de ce livre reste sa mise en scène des mots oubliés et tout ce qui est mis en oeuvre pour leur sauvegarde, leur résurrection même. De la découverte d’un véritable club jusqu’à leur utilisation dans les cours de lycée, c’est évidemment jouissif pour tout amoureux de la langue française d’en voir autant jalonner ces pages. On se surprend vite à lister ceux que l’on connaissait déjà ou à essayer de les recaser dans toutes leurs sonorités amusantes ou leur poésie.

La note de Mélu:

Note 4

Un texte très sympathique.

Un mot sur l’auteure: Yaël Hassan (née en 1952) est une auteure française spécialisé dans les ouvrages jeunesse.