selena_rosaL'auteur: Westley D. Northman est un auteur qui a choisi l'auto-édition pour ce roman. Pour en savoir plus, je vous renvoie à son site internet.

Le livre: Selena Moya, une étudiante de vingt ans, ouvre cette histoire en enterrant sa mère. Elle découvre alors, en rangeant son bureau, de vieux journaux intimes dans lesquelles Laura Moya, sa propre mère, affirme être une sorcière, membre d'un puissant coven dont elle a claqué la porte après que celui-ci ait très mal réagi à sa liaison avec un vampire... dont elle a eu un enfant. Selena est donc mi-vampire, mi-sorcière. Pour en apprendre plus sur ses origines, elle décide alors de prendre la route pour partir à la recherche de son véritable père. La dernière fois qu'il a été vu, c'était en Pologne...

J'étais extrêmement enthousiaste en recevant ce roman à la couverture et au résumé plus que prometteurs. J'ai assez vite grincé des dents devant la débauche de fautes diverses et variées. Oui, c'est peut-être une déformation professionnelle, mais je n'y peux rien: pour moi, une relecture correcte est une marque de respect du lecteur, et là, j'ai parfois dû relire plusieurs fois certaines phrases pour en comprendre le sens (la ponctuation hasardeuse et les nombreuses confusions de temps verbaux et de personne m'ont particulièrement mise en rogne déroutée). Vous l'aurez compris, pour lire ce livre jusqu'au bout, il faudra être très très TRES indulgent avec la langue. Ou très entraîné à cet exercice de déchiffrage (jamais je n'aurais pensé que mes heures de correction de rédaction me serviraient à cela...)

Passons à l'intrigue. Prometteuse, elle cède pourtant à pas mal de facilités. C'est en effet avec une simplicité un peu décevante que Selena accède aux souvenirs de sa mère dans ses journaux intimes (toujours très pratique à laisser traîner pour les grandes révélations), ou encore qu'elle abandonne sa vie pour partir à l'autre bout du continent, délaissant en l'espace d'une nuit son petit ami qu'elle qualifiait d'homme de sa vie pour qui elle était tout, ses études qu'elle avait pourtant choisi par vocation, son père qui se fait éjecter du scénario dès que Selena découvre ses origines alors qu'il l'a élevé pendant vingt ans. Pas très cohérent, tout cela quand même. Un peu plus tard, la jeune femme, pourtant Espagnole, communique couramment avec ses consoeurs de Pologne, sans qu'on nous précise dans quelle langue. Et puis pour qu'on comprenne bien, les gentils sont tous très beaux (et les femmes ont toujours de généreuses poitrines, c'est soigneusement précisé, le détail doit avoir son importance, j'imagine) et les méchants sont laids. Moi qui aime les beaux méchants bien ambigus, je n'avais rien à me mettre sous la dent...
Heureusement, certains points flous ont été ciblés et habilement exploités au profit de l'intrigue, et j'ai apprécié que l'on nous explique pourquoi les vampires peuvent avoir des enfants, quelle est la part de mythe et de réalité dans ce que nous savons des vampires ou encore le fonctionnement des coven (sans grande surprise pour moi, mais il est vrai que le sujet est moins fréquent que d'autres dans la littérature du genre). J'ai tout simplement adoré la version du personnage de Dracula, juste savoureuse, que nous offre Cyriel, le vampire qui va aider Selena dans sa quête. Le gros point fort du roman reste en effet la vision du monde des vampires que nous propose l'auteur, une société organisée avec une histoire complexe, qui a subi des révoltes, des coup d'états, des difficultés politiques, des alliances puis des guerres avec le peuple des sorcières, et dont le rôle n'est pas négligeable dans les dénonciations qui ont conduit nombre d'entre elles sur le bûcher. J'ai regretté que l'univers des sorcières ne bénéficie pas du même soin et soit réduit à une assemblée sectaire et archaïque dans laquelle l'acte de révolte de Laura Moya reste bien isolé et sans retentissement... Les scènes d'action sont aussi d'excellente facture: Selena est une héroïne qui fonce dans le tas, parfois maladroitement, mais qui n'hésite pas à se salir les mains et à cogner. On se bagarre beaucoup dans ce livre, c'est une histoire de combat et de guerre, et cela étant assez rare et difficile à écrire, cela mérite d'être souligné.

La note de Mélu:

Note_3

Une note d'encouragement, parce que j'aurai pu être beaucoup, beaucoup, BEAUCOUP moins sévère si la version finale du livre était d'abord passée par ici et par là.

Cette lecture fut menée en commun avec Vany, Karine et Enya. Allez voir leurs avis, moins sévère que les miens.