le_fils_de_Klara_HL'auteur: Max Gallo (né en 1932) est un de nos immortels: il intègre l'Académie Française en 2007. D'abord historien, il écrit ce qu'il appelle des romans-Histoire.

Le livre: Judith Ellner a épousé Patrick Laurent et ils ont une petite fille, Sandra. Mais le couple est désormais mort et s'évite dans les couloirs de la maison. Il faut dire que tout les sépare. Les Ellner n'ont jamais compris pourquoi Judith a quitté Serge Dupuis, un collaborateur de son père, juif comme elle, très apprécié de la famille, pour aller se jeter dans les bras de Patrick Laurent, dont le père et le grand-père ont eu des rapports troubles avec la doctrine nazie.  A la mort de Max, le grand-père de Judith, des documents inquiétants réapparaissent. Et lorsque Judith et Sandra disparaissent, leurs proches sentent bien que quelque chose de plus grave est en train de se passer.
Le sujet était fascinant: une famille juive, l'idéologie nazie dans le monde fermé et sûr de lui de la médecine, la jeunesse d'Hitler décodée. Mais bon dieu, que c'est lent... La disparition annoncée sur la quatrième de couverture n'intervient qu'au milieu du livre. Les premiers chapitres passent des pages et des pages et des pages à disséquer la psychologie de tous, absolument tous les personnages de cette histoire: parents, grands-parents, enfants, amis, policiers, ex-beaux-parents, tout le monde y passe. Et comme il y en a plusieurs de la même famille, donc avec le même nom, je les confondais tous. Cela se justifierait si la tension sur l'identité du ravisseur en était augmenté au moment-clé: tout le monde est givré dans cette histoire. Mais même après la disparition, les choses se traînent, l'enquête n'avance pas, on tourne autour des révélations sans jamais entrer vraiment dedans et la mélasse psychologique des personnages relègue toutes les scènes d'action au second plan. J'avais l'impression de relire toujours les mêmes paragraphes, toutes les trois pages. J'ai pourtant trouvé passionnante l'analyse historique sur Hitler qui est au cœur du livre et les liens qu'elle tisse avec les personnages de la fiction, mais je les ai trouvé sous-exploités du point de vue littéraire. En bref: un excellent concept historique mais côté romanesque, ça sera sans moi...