simpleL'auteur: Marie-Aude Murail (née en 1954) est un auteur pour la jeunesse particulièrement prolifique et reconnue puisque cela l'a conduite à recevoir la Légion d'Honneur. Rien que ça!

 

L'histoire: Simple a reçu ce surnom parce qu'il est un peu débile, dit son frère Kléber. Non, "I-di-ot", corrige-t-il. Déficient mental, dit-on couramment. Il a l'âge mental d'un enfant de trois ans. Sauf que sur le papier, Simple a vingt-deux ans, et son frère doit s'en occuper tous les jours. Depuis la mort de leur mère, Kléber se bat pour que Simple ne soit pas placé à Malicroix, une institution psychiatrique, suite à la décision de son père qui refuse de s'occuper de ce fils déficient. Mais pour l'adolescent de dix-sept ans, rien n'est simple, il rentre bientôt en Terminale et il faut vite trouver un appartement sous peine de retomber sous l'autorité de son père. Les deux frères rejoignent donc la colocation où vivent déjà quatre étudiants: Enzo, Aria, Emmanuel, Corentin. Corentin qui adule son ami d'enfance Enzo qui se languit d'amour pour Aria qui vit le parfait amour avec Emmanuel le futur médecin.
Après Susie Morgenstern, je découvre ici une autre papesse de la littérature de jeunesse. Et quel talent! Tout les personnage y sont attachant, émouvant, presque palpables. On s'y retrouve forcément, et pour une fois, ce n'est pas le monde des adolescent classiques qui y est dépeint mais bien celui des jeune adultes dans une recherche à la fois d'indépendance et d'innocence, de sérieux et de simplicité, que chacun incarne à sa manière, qu'il s'agisse d'Enzo le doux rêveur qui fait l'amour par procuration en s'inventant son histoire dans un roman qu'il écrit, de Kléber qui loue un appartement pour espérer démarrer normalement son année de terminale, ou de Simple lui-même, plus perspicace sur le monde avec son QI d'enfant de trois ans que ces gens qui compliquent tout.  Mais j'oublie un personnage essentiel: monsieur Pinpin, ce brave Lapin en peluche qui suit Simple partout et qui est responsable de toutes ses bêtises! J'ai eu ma petite larme à l'oeil en fermant le livre, tant cette histoire est prenante. Et puis le personnage d'Enzo, cet étudiant de lettres modernes qui s'évade en écrivant ses petites histoires, il m'a rappelé vaguement quelqu'un. Un roman pour tous, je vous le dis!

La note de Mélu: un coup de coeur!

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Simple_Un_telefilm_inedit_sur_le_handicap_le_3_mai_sur_France_2_referenceLe film: en 2011, France 2 diffuse l'adaptation du roman réalisée par Ivan Calbérac. Deux ou trois petites modifications dans l'histoire: Kléber n'est plus en terminale mais en première année de faculté, et Simple a vingt-six ans. L'ensemble du scénario a d'ailleurs été un peu allégé, et il est notamment difficile de rendre les sentiments d'Enzo ou encore les longues conversations intérieures de Simple. Toutefois, il faut saluer la superbe performance de Bastien Bouillon dans le rôle de Simple: sans être jamais dans le surjeu ou dans la caricature, il campe un parfait enfant dans un corps d'adulte, attachant et émouvant, particulièrement marquant dans ses conversations poignantes avec Monsieur Pinpin. Julien Drion est également très convaincant en adolescent un peu renfermé et dépassé mais débordant d'affection et de dévouement pour son frère. J'attendais beaucoup du personnage d'Enzo et je n'ai pas été déçue par la tignasse de François Civil qui lui donne un air de hippie sympathique. Un vrai bon moment de télévision dans lequel on retrouve toute l'émotion authentique et poignante mais aussi toute la légèreté et la bonne humeur de Marie-Aude Murail: un vrai beaume au coeur. Et j'ai versé ma petite larme devant le film comme devant le livre.

Quelques photos du téléfilm ici.