god_save_france_stephen_clarke_L_1L'auteur: Stephen Clarke (né en 1958) est un journaliste et écrivain britannique. Après ses études de français et d'allemand à Oxford, il a travaillé en France dans le domaine de l'édition.

Le livre: Paul West est un jeune cadre dynamique créateur d'une filiale de cafés français à Londres. Il est embauchée par une grosse entreprise d'agro-alimentaire parisienne pour lancer une chaine de salons de thé typiquement anglais. Premier problème: il ne maitrise pas du tout la langue de Molière. Et si les réunions sont toutes censées se tenir en Anglais, il doit faire de gros efforts pour décrypter le langage de ses collègues. Il va de surprise en surprise: passé la période d'adaptation aux multiples grèves pour lesquelles le pays est célèbre, il découvre la profusion de déjections canines dans les rues, les prix exorbitants de la capitale, les chasseurs et le peu d'enthousiasme des collègues pour leur travail. Et c'est parti pour un an...
Le livre débute très bien: c'est un régal de suivre les efforts de Paul pour surmonter la barrière de la langue, et ça doit l'être plus encore en VO (le texte français ne rend pas bien le passage d'une langue à l'autre puisqu'il traduit l'anglais justement). L'auteur épingle une série de bizarreries françaises avec le point de vue britannique et c'est délectable. Mais ce qui l'est encore plus, c'est son habileté à analyser les clichés que les Français ont sur les Anglais, ennemis héréditaires et incompatibles, et qu'il subit de plein fouet, avec les femmes notamment: devant celles qui le félicitent d'être un gentleman à la Hugh Grant, il se désespère d'arriver à en convaincre une de se glisser dans son lit. Ce type de succession de saynètes hilarantes peut cependant avoir un défaut: elle ne fait pas une intrigue de roman. C'est là que Stephen Clarke montre qu'il n'est pas juste un chroniqueur d'outre-manche à la plume incisive: une histoire vient se greffer imperceptiblement sur ces vues parisiennes, car si Jean-Marie, le chef de Paul, semble si peu empressé à mener à bien le projet "salon de thé", il a peut-être une raison...
Seul bémol : mis à part la Sécurité Sociale (qu'il ne fallait pas chercher bien loin, avouons-le), peu d'aspect de la France trouvent grâce aux yeux de Paul. A croire que les Français sont tous des dilettantes, que les Françaises sont toutes des allumeuses. Un petit personnage contrepoint aurait été appréciable histoire de ne pas tomber dans une caricature.

Un très bon moment de lecture et de quoi en apprendre un peu plus sur nos voisins d'outre-manche!

Titre original: A Year in the merde.

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