chercheur_d_orL’auteur : Jean-Marie Gustave Le Clézio (né en 1940) est un des rares auteurs vivants à être enseigné dans les lycées et rien que pour ça, chapeau ! Insatiable voyageur, pétri de culture africaine, il m’a surtout marquée par son mélange d’onirisme et de justesse.

Le livre : Ce n’est pas tant l’intrigue du roman qui m’a plu que l’ambiance qui s’en dégage. Alexis, le héros, assiste à huit ans à la ruine de son père et doit quitter l’île Maurice pour l’Angleterre. Lorsqu’il découvre que son père recherchait « Le Trésor du Corsaire », Alexis s’embarque sur un trois-mâts et découvre l’ivresse de la mer. Il n’aura de cesse de rechercher ce trésor. Sur l’île Rodrigue, il passe quatre ans à sonder le désert jusqu’à l’épuisement.  L’intrigue peut lasser, je le conçois. Mais les sensations décrites sont palpables : la nuit sur le bateau, la chaleur, le désert, la tempête sont autant d’occasion pour Le Clézio de mêler poésie et réalisme. J’ai été bluffée par ce roman qui parvient à concilier la recherche d’un El Dorado tant extérieur qu’intérieur, la rêverie de l’ailleurs et la dure réalité historique : dans les années 1910-1920, Alexis se confrontera tantôt à la Première Guerre Mondiale, tantôt à la colonisation qui ravage le paradis de son enfance et condamne la femme qu’il aime, une Manaf, à travailler dans les champs de canne à sucre. C’est un livre riche, chaud, je dirais presque sensoriel : on en prend plein les yeux, plein l’imagination. J’admire.