Quo VadisRome, sous le règne de Néron. Vinicius, patricien respecté, croise dans la maison d’Aulus une jeune femme, Callina, surnommée Lygie. Il en tombe fou amoureux. Mais Lygie n’est pas une jeune fille comme les autres: elle est la fille d’un roi barbare vaincu, ramenée en trophée et adoptée par la famille qui l’aime comme sa propre fille. Vinicius enrage: ce n’est ni une esclave à acheter, ni une citoyenne romaine. Il décide alors d’user de la force: grâce à son amitié avec Pétrone, il fait intervenir Néron qui a le droit de réclamer l’otage pour la lui remettre. Désespérée, Lygie décide alors de fuir pendant le trajet avec la complicité d’Ursus, son éternel ami et compatriote, pour se réfugier chez une étrange et nouvelle secte qui commence à prendre beaucoup d’ampleur dans l’empire: les Chrétiens.

Un joli pavé et best seller mondial qui valut à son auteur le prix Nobel, rien que ça! Je ne cache pas mon affection pour l’univers de la Rome antique. Ici, j’ai été servie! On commence par évoluer dans la haute société romaine, déjà un tantinet décadente, avec les privilèges qu’elle s’octroie, le raffinement aussi auquel elle prétend. Pétrone et Néron en sont d’excellents représentants. Le premier étale sa maîtrise virtuose du rôle de courtisan, obligé de surveiller en permanence ses arrières par crainte de la disgrâce, mais le seul à savoir flatter Néron de manière à être le seul qu’il écoute. Quant à l’empereur, avec son délire politique et esthétique par lequel il se place au rang des dieux et qui le pousse à rêver d’un gigantesque incendie de Rome pour enfin égaler Homère et ses descriptions épiques de la chute de Troie, il est réellement glaçant.
On continue avec la découverte du monde chrétien et son idéal d’humilité, d’amour et de pardon face à un monde romain dur et sans pitié. C’est une véritable initiation pour Vinicius qui découvre que l’on peut communiquer autrement que l’épée à la main ou avec droit de vie et de mort sur ses esclaves. Le message est toutefois un tantinet évangéliste car on nous montre bien à quel point la société romaine est barbare face au christianisme qui illumine les visages de ses adeptes, mais cela mieux comprendre sa popularité grandissante. Les terribles persécutions sont l’occasion de mettre en scène avec brio les jeux du cirque qui déchaînent les foules avides d’action et de sang.
Au milieu de tout cela, j’ai tout de même été très touchée par l’histoire d’amour. Car Si Vinicius est au départ un barbare et un conquérant dans la vie, il l’est aussi dans ses sentiments et va devoir trouver une autre manière d’aimer pour se rapprocher de sa belle. J’ai espéré que Lygie lui échappe, puis qu’ils parviennent à se comprendre, puis qu’elle survive: arrestations, enlèvements, incendies, persécutions, rien ne lui est épargné et pendant toute ma lecture j’ai espéré très fort que l’histoire se termine bien pour les deux amoureux.

La note de Mélu:

Note 5

Un grand classique qui mérite sa popularité.

Un mot sur l’auteur: Henryk Sienkiewicz (1846-1916) est un écrivain polonais, lauréat du prix Nobel de littérature en 1905.