Tempete rousse en MorbihanXVIIIème siècle, à Rennes. Une flamboyante rousse devient le chef d’un groupe de bandits particulièrement redouté. Lorsqu’ils sont arrêtés et que son compagnon est pendu alors qu’elle est elle-même marquée au fer rouge, elle jure de ne pas en rester là. Bien longtemps après, de nos jours, une femme disparaît à Belle-Ile. Quelques temps plus tard, Georges Desgneau, gendarme de l’île, se voit confier une bien contrariante mission. On a retrouvé un bijou appartenant à la disparue, mais sur le continent, à Vannes. Il doit donc quitter son île et aller collaborer avec la police locale. En particulier avec Edouard, un policier particulièrement soucieux de préserver ses chaussures à 250 dollars de la boue bretonne. Le mystère s’épaissit lorsqu’ils découvrent, sur le menhir au pied duquel on a retrouvé l’indice, le visage d’une femme rousse incrusté dans la roche. Edouard ne sait plus quoi penser… Surtout lorsque débarque chez lui Amanda, une Anglaise volcanique et amie de sa femme qui va venir secouer le gendarme insulaire nouvellement débarqué  et le couple déjà bien perturbé depuis l’arrivé de leur bébé.

Quand j’ai ouvert ce livre, je ne m’attendais pas à retrouver les personnages de “Opération menhirs”. Et ce fut un réel plaisir. D’abord avec Edouard, son obsession des chaussures et sa maladresse. Depuis ses déboires avec les menhirs, il ne s’étonne plus de rien et reste donc relativement calme  devant l’étrange phénomène qui les touche maintenant. J’ai adoré retrouver Amanda, la blonde britannique qui joue de ses charmes dévastateurs pour faire avancer le schmilblick. Heureusement qu’elle est là d’ailleurs, car le couple Edouard-Sylvie est bien en passe de s’embourgeoiser. Mais vu par l’oeil d’Amanda, même le plus mignon des nourrissons peut devenir un objet sorti de la quatrième dimension. C’est jouissif de la voir mettre un beau bazar là-dedans, et gare à qui se met en travers de son chemin!
L’enquête policière est plutôt bien menée, avec un mécanisme d’identification assez cruel puisque plusieurs chapitres sont consacrés à la séquestration des jeunes femmes enlevées sans qu’on en comprenne le motif ni le lien avec la jolie rousse qui réapparaît partout. J’ai cependant trouvé que la manière dont le coupable était amené manquait un peu de subtilité. Mais le duo Edouard-George fonctionne plutôt bien, entre le flegme de l’un et la solitude un peu bourrue de l’autre.
Mais ce qui m’a surtout plu dans ce roman, c’est de suivre l’histoire de Marion du Faouët, cette belle rousse qui décide de combattre la misère à sa façon. J’aime les personnages de femmes fortes et sexy et celle-ci a exactement le profil. Elle n’hésite pas à se révolter contre la vie qui lui a été donnée, à mener à la baguette une troupe entière de brigands à la façon d’un Robin des bois en corset. Mais elle reste une grande amoureuse, prête à tout pour l’homme qu’elle aime. Son histoire est l’occasion d’un jeu narratif efficace puisqu’on fait des allers-retours entre l’enquête contemporaine et l’histoire de Marion qui est aussi l’occasion d’une plongée dans la petite histoire locale, d’une figure emblématique aussi condamnable que fascinante, là où d’autres ont des Mandrin ou des Cartouche.

La note de Mélu:

Note 5

Un excellent moment!

Un mot sur l’auteur: Jean Vigne est un auteur français qui s’est illustré dans d’autres registres comme le thriller. D’autres de ses titres sur Ma Bouquinerie:

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