vision socrière rouge

Petit écart par rapport à mes lectures habituelles, il faut absolument que je parle de cette série que je viens de terminer et surtout, des Comics à cause desquels je l'ai regardée.

Avant tout, il faut savoir que mon papa est un grand lecteur et collectionneur de comics depuis qu'il est petit. Il a acheté les premiers dans les années 60 et a vraiment commencé ses collections complètes dans les années 1980. Les premiers X-men, 4 Fantastiques et compagnie ont donc été mes lectures d'enfance, et grâce à lui, je peux citer et situer pas mal de personnages de l'univers Marvel, y compris certains qui ne sont pas encore apparus dans une grosse production Disney (ça devient de plus en plus dur, mais j'y arrive encore parfois.) 
Par contre, concernant l'univers cinématographique Marvel, je vous avoue que j'ai lâché l'affaire depuis déjà quelques années. 
Et pourtant, quand j'ai vu arriver sur Disney + la série Wanda Vision, mon intérêt a été vite réveillé. Parce que ce couple-là, dans mes lectures d'enfance, m'avait profondément marquée.

Le RCM (Récit Complet Marvel, les vrais savent, hein...) qui leur a été consacré a été publié en 1984. Mais l'histoire des personnages est bien plus vaste. Et sans la raconter en détails, je vais essayer d'expliquer pourquoi ils m'ont tant plu.

La Vision a un nom étrange et pour cause: c'est un robot. Créé à la base pour être une arme contre les Vengeurs (oui, on avait traduit leur nom à l'époque), il réussit grâce à ses capacités exceptionnels à se libérer de l'emprise de son créateur et devient un être autonome, membre de l'équipe de super-héros.
Quant à Wanda, c'est un personnage qui m'a toujours fascinée. D'abord parce que c'est La Sorcière Rouge et j'ai toujours eu un faible pour les sorcières. Quand je la découvre, c'est une super-vilaine, membre de la Confrérie des Mauvais Mutants, les adversaires des X-Mens dans les premiers épisodes. A l'époque, on est sur des configurations simples, hein. Elle en fait partie avec son frère jumeau, Pietro, aussi appelé Vif-Argent. Ses pouvoirs sont difficiles à expliquer : elle peut agir sur les probabilités. En gros, sur à peu près tout. Et ça, ça claque. Finalement, les jumeaux changeront de bord et rejoindront les Vengeurs, où Wanda rencontre la Vision. Naît alors une improbable et très touchante histoire d'amour, qui se solde par un mariage. On apprendra au passage quelques éléments sur le passé des jumeaux, comme leur enfance entre différentes créatures étranges et mystérieuses, et l'identité de leur père, un certain Magnéto, et comme ascendance à la fois super classe et super craignos, ça supplante Luke Skywalker (je crois). Comme si cela ne suffisait pas pour braver toutes les impossibilités, Wanda tombe enceinte (de son robot de mari, oui oui) et donne naissance à des jumeaux. Je n'irai pas plus loin pour ne pas vous spoiler la série, mais l'histoire même de ces jumeaux m'a fascinée par la complexité qu'elle amène dans le personnage de Wanda. Bref, La Sorcière Rouge, c'est un roman tout en nuance à elle toute seule, qui brave toutes les étiquettes et qui veut juste être heureuse alors que le destin la traite comme une petite marionnette et j'étais une très grande fan.

Alors quand j'ai vu que Disney + proposait une série autour de ceux que je pensais être des personnages secondaires de l'univers Marvel, et qui sont pour moi un des couples les plus attachants et les plus puissants de la série (mieux que Cyclope et Phénix, et c'est pas peu dire!), je me suis dit qu'il fallait voir ça.

wanda vision promo

Et il a fallu que je me remette en contexte du fil cinématographique Marvel. On sait que La Sorcière Rouge et Vision, membres des Avengers, ont vécu des horreurs conduisant à la mort de Vision. Mais lorsque la série s'ouvre, Vision est bien là. L'originalité tient dans l'univers dans lequel Vision et Wanda évoluent: en noir et blanc, dans un décor des années 1950 avec rires enregistrés. On comprend vite qu'il s'agit d'une sitcom mais les personnages sont bien eux-mêmes et ont gardé tous leurs pouvoirs, qu'ils tentent d'ailleurs de cacher aux yeux des voisins de cette sympathique petite banlieue américaine qu'ils habitent. D'épisode en épisode, on avance d'une décennie et l'ambiance culturelle change également. Malgré le bonheur apparent, il y a donc bien quelque chose d'anormal dans cet univers, ce que viennent confirmer des bugs : de la couleur qui apparaît, une voix qui interpelle Wanda dans la radio... 

Cette réalisation très originale est un petit coup de génie. On mettra six épisodes à en avoir l'explication, le secret est soigneusement entretenu durant tout ce temps et c'est tant mieux ! C'était un coup de poker dans un univers habitués à des effets spéciaux en feux d'artifices et des grosses machinries visuelles. Là, on est dans quelque chose de beaucoup plus subtil qui fait appel à toutes sortes de niveaux de lecture.
En premier lieu, l'histoire d'amour des personnages, idyllique et sereine, dont on comprend bien qu'elle représente un idéal qu'on leur souhaite de tout coeur, et où la mort de Vision plane comme une ombre tragique au sens théâtral du terme. On signalera au passage la performance magnifique des deux comédiens et de leur alchimie et complicité qui crève l'écran, notamment Wanda (magistrale Elisabeth Olsen), dont les multiples visages sont juste fabuleux.
Ensuite, le côté factice de l'univers créé que l'on cherche à décrypter: qui tire les ficelles? qui contrôle? pourquoi? comment est-ce possible? que se passes-t-il exactement? Une deuxième intrigue parallèle qui sera développée au bout de quelques épisodes avec de magnifiques mises en scènes flash-back sur toutes sortes de détails qu'on avait déjà vu sans les comprendre.
Enfin, un superbe hommage à l'histoire des séries télévisées ! Tout y est, depuis les costumes et décors jusqu'à la manière de filmer, en passant par les génériques. On y reconnaît des références aux réalisations les plus emblématiques telles que Ma Sorcière Bien Aimée, La Fête à la maison, Malcolm ou même Desperate Housewives. Les personnages réalisent le fantasme de leurs spectateurs de vivre au coeur même de leurs séries préférées, ce qui ne peut que réjouir les gens devant leur écrans qui revivent leur passion et change agréablement de l'univers Marvel du blockbuster à gros budget. C'est une réussite totale.

Au moins jusqu'au septième épisode. Après... Et bien il a fallu sortir de cette parenthèse esthétique et revenir à l'univers standardisé de Marvel ciné. Et là, on m'a reperdue. 

Heureusement, ils ont réussi quelque chose: à la fin de la série, difficile de classer Wanda parmi les gentils ou les méchants. Force est de constater qu'elle est très dangereuse, mais aussi tellement touchante... Et pour ça, je les remercie.

Je ne suis pas très branchée "série". Mais alors celle-là, je la recommande sans hésiter!