coup-détatAprès dix ans d’absence la princesse Alia rentre auprès de son père le roi d’Alsybeen. A l’âge de six ans, celui-ci l’a en effet envoyé faire son apprentissage auprès des Initiées Denaia. Elles sont belles, elles sont intelligentes, elles sont soudées, et elles sont les éminences grises des plus puissants seigneurs. Et elles savent user aussi bien de leurs charmes que de leurs facultés magiques. Elles sont soupçonnées d’être responsables de la mort de Galah, sa mère. Aussi Alia n’a-t-elle jamais compris pourquoi son père a tenu à la confier à leur enseignement, et c’est pleine de rancoeur qu’elle revient auprès de celui qui n’est finalement pour elle qu’un étranger. Initiée à son tour, Alia est pourtant devenue bien gênante. Elle est l’héritière d’un royaume très convoité à cause de sa principale ressource, le Cristal. Il faut donc l’écarter du pouvoir, que ce soit en la mariant ou en l’assassinant.

Politique et conflit en hauts lieux, voilà la trame. On est bien loin de la fantasy pour jeunes adultes, d’autant plus que les femmes qui infiltrent les chambres des rois et empereurs n’ont rien d’amoureuses romantiques. Elles se servent de leurs charmes pour que les hommes baissent leur garde et pour mieux infiltrer leurs pensées secrètes. Véritable système politique parallèle, le Denaia est une organisation aussi séduisante qu’écrasante, et l’on plonge dans un roman bien plus mature qu’on ne pourrait s’y attendre. Charnelles, séductrices, calculatrices et fines stratèges, elles sont pourtant, malgré leur puissance, autant de pions d’une organisation qui les dépasse. Celle qui ose désobéir au Denaia ne mérite pas de vivre. Evidemment, la petite Alia, même si elle est l’une des leurs, a à coeur de s’en détacher, mais trop souvent l’Initiée de Valenz affleure chez elle et l’évolution du personnage pose de nombreuses questions.
Qu’en est-il des hommes, me direz-vous? Ils suivent le mouvement. En face de la prestance d’Alia, j’ai trouvé particulièrement touchante la prévenance maladroite de Meker, le jeune capitaine chargé de sa sécurité, amoureux d’elle depuis l’enfance. Mais on ne se conduit pas de la même façon avec une petite fille qu’avec une princesse de sang, et l’étiquette est passée par là. Leur relation multiplie les obstacles et pourtant, je me suis surprise à y croire : il faut dire que malgré toutes ses compétences militaires certaines, il est parfois bien inutile tant Alia manie l’épée avec dextérité. Petite mention aussi pour Bucko Javis, le contrebandier qui arrive avec peu de scrupules mais qu’on aime bien quand même. Il est un peu prévisible, mais on aime bien ce genre de faux durs attachants. Ca marche toujours.
Ajoutez à cela des descriptions fabuleuses qui nous en mettent plein les yeux lorsqu’il s’agit de nous emmener sur les côtes de cristal d’Alsybeen, des créatures fantasmatiques dont on hésite si elles sortent de nos rêves ou de nos cauchemars et des pouvoirs mentaux qui échappent encore à tout contrôle, et vous comprendrez que je n’ai pas pu lâcher ce roman avant d’en avoir atteint la fin. Une fin d’ailleurs bien méchante, puisqu’elle laisse un énorme suspens pour le tome suivant, très attendu!!!

La note de Mélu:

Note 5

On frôle le coup de coeur!

Un mot sur l’auteure: Valérie Simon (née en 1963) est une auteure française qui vit dans la région de Lyon. D’autres de ses oeuvres sur Ma Bouquinerie:

Yanis déesse de la mort sinien déesse de la vie tahnee sharn morwen deesse de l'amour