carrie

Personne ne sait avec certitude ce qui s’est passé ce soir de bal de printemps 1979 à Chamberlain, Maine. Ce qui est sûr, c’est que Carrie, seize ans, élevée par une mère dont le fanatisme chrétien confine à la folie, était depuis des années le souffre-douleur de ses camarades de classes. Brimades, harcèlement, tout y passait, jusqu’à un lynchage collectif dans les douches du gymnase qui a déclenché la méfiance des adultes, un peu trop tard peut-être. Et alors que l’une de ses camarades, Sue, essaie de rattraper un peu la situation auprès de Carrie, d’autres comme Chris sont bien décidés à s’acharner sur elle.

J’adore la mécanique implacable sur laquelle repose ce roman. On le sait dès le début: tout cela finira en drame. On le voit grâce aux extrait d’articles de journaux, d’ouvrages spécialisés sur les étranges pouvoirs télékinésiques, ou encore du témoignage publiée par Sue Snell la seule survivante, qui alternent avec les éléments de l’histoire eux-mêmes, et qui reviennent sur cette fameuse nuit du bal de printemps. Tous, à leur manière, essaient de comprendre: aurait-on pu éviter cela? On ne cesse de s’accrocher à ces lueurs d’espoirs, ces mains tendues, vers une Carrie qui pourrait s’en sortir, tout en cherchant un coupable: la pétasse du lycée? la mère psychopathe? la génétique et son don dévastateur? ou tous ceux qui n’ont rien fait? Inévitablement, le contexte d’un harcèlement scolaire fait forcément écho dans ces périodes où l’on ne parle que de cela.
On pourrait voir Carrie comme une sorte d’héroïne, qui parvient à se venger de tous ses bourreaux dans le sang. Il n’en est rien, tant le réalisme de Stephen King fait froid dans le dos. Le pouvoir surnaturel de Carrie n’est finalement qu’une étincelle assez discrète, par rapport à l’ampleur du massacre qu’elle provoque et c’est cela le gros point fort du roman: c’est bien dans le monde que l’on connaît, bien tangible, que l’horreur est la plus oppressante. Comme quoi, on n’a pas besoin de déployer la grosse artillerie magique pour faire un énorme effet.

La note de Mélu:

Note 5

Glaçant et dérangeant à souhait.

Un mot sur l’auteur:

Stephen King (né en 1947) est un auteur américain parmi les plus célèbres au monde, qui a publié plus de cinquante romans dont beaucoup ont été adaptés au cinéma. D’autres de ses romans sur Ma Bouquinerie:

la petite fille qui aimait tomgordon misery salem cujo