les dames du lac

Dans les confins de Brocéliande, la voix de Morgane la Fée résonne encore pour raconter l’histoire des Dames du Lac, à l’époque où les anciens cultes des druides et des fées s’opposent à l’influence grandissante de la religion chrétienne qui ne transige pas. Viviane, la Grande prêtresse de l’île magique d’Avalon, planifie l’avenir des siens. Sa jeune soeur Ygerne, pour le moment épouse du très chrétien Duc de Cornouailles Garlois, porte en elle le sang magique d’Avalon et est choisie pour donner naissance au futur roi qui garantira le soutien au peuple magique comme au peuple chrétien. Mais sa première fille, Morgane, a elle aussi l’étoffe d’une grande prêtresse. Viviane l’emmène donc en Avalon avec elle, où elle deviendra la célèbre Morgane-la-fée.

Véritable monument du genre, ce cycle romanesque donne aux femmes de la légende arthurienne le premier rôle. Ce sont elles qui ont ce don de seconde vue qui leur permet de placer leurs pions et faire leur chemin dans ce monde de batailles, et qui ont le pouvoir d’appeler la barge qui mène à Avalon, l’île sacrée invisible aux yeux des hommes. Elles sont tour à tour fascinantes, émouvantes ou glaçantes, mais en tout cas ne laisseront jamais indifférent. Au premier rang, Viviane, puissante et vénérée, mais prête à toutes les manipulations pour parvenir à ses fins. Ygerne, vouée à faire ce qu’on lui dit, et qui comprend vite qu’il est impossible de se lever contre la volonté de la grande déesse. Guenièvre, sortie de son couvent pour devenir la Reine d’un royaume déchiré entre chrétiens et païens, elle-même déchirée entre sa foi et son désespoir, entre sa vertu d’épouse et sa passion pour Lancelot. Leurs destins s’entrecroisent et prennent leur place dans un univers en pleine mutation.
Car peu à peu, l’île d’Avalon décline devant la puissance chrétienne qui ne souffre aucune autre croyance. L’enjeu est donc de taille, et Morgane la Fée consacrera sa vie entière à maintenir la puissance d’Avalon. De plus ou moins bonne volonté d’ailleurs, car on la voit souvent douter, errer entre la fidélité à son culte qui la définit entièrement et les tentations humaines qui ne seront jamais pour elle. Incarnation vivante de la Grande Déesse, elle n’en est que plus désespérément humaine quand elle prend conscience qu’elle n’est pas maîtresse de son destin. Et pourtant, c’est elle qui incarne le mieux cette magie en passe de disparaître. De transes mystiques divinatoires en célébrations amoureuses du Dieu-Cerf, la magie d’Avallon, pleine de vie, de chaleur, de chair et d’amour, resplendit face aux rois Chrétiens qui cherchent à la faire taire.

La note de Mélu:

Note 5 

Simplement superbe.

Un mot sur l’auteur: Marion Zimmer Bradley (1930-1999) est une auteure américaine de science-fiction et de fantasy qui n’hésite pas à teinter ses romans d’un féminisme certain.