rose morte 3

 La comtesse Rose est désormais réconciliée avec Artus de Janlys, celui qui a fait d’elle une créature de la nuit, plusieurs siècles auparavant. Alors que le XXème siècle vit le dramatique tournant de la Seconde Guerre Mondiale, elle est son émissaire la plus zélée, en quête d’informations sur les dissidents qui complotent contre le comte, tout en restant volontairement à l’écart des conflits qui agitent les hommes. Elle n’est pourtant pas rassurée lorsqu’il prend la route seul avec son frère Adelphe. Et avec raison… Dès lors privée de son mentor, Rose doit s’engager dans une course contre la montre qui va l’obliger à se confronter à l’horreur des hommes.

Cette saga fantastique qui a été un énorme coup de coeur lors du premier tome m’épate par sa capacité à se renouveler. Chaque tome est en effet ancré dans une époque et le soin apporté pour la dépeindre, planter un décor cohérent et convaincant porte encore une fois ses fruits. Toujours à la pointe de l’élégance jusqu’au bout de son porte-cigarette, la comtesse Rose a su devenir une véritable lady des années 1940, adoptant volontiers le tutoiement avec un Adelphe qui lui aussi a abandonné la désuétude de l’ancien régime. Tout comme dans le tome précédent, les faits historiques qui servent d’abord de toile de fond sont progressivement intégrés à l’intrigue jusqu’à en devenir indissociable, puisque Rose n’hésitera pas à infiltrer un camp de concentration.
Et pourtant, loin de nous l’idée de prendre la même recette et de recommencer. J’ose un petit spoiler: Artus est le grand absent de ce tome. La quête de Rose pour le retrouver est menée tambour battant, dans un suspens permanent où elle touche au but à de nombreuses reprises avant de se faire à nouveau distancer. Tension palpable qui permet également de redistribuer les rôles entre les personnages. Terminé, le comte Artus de Janlys invincible, adulé, intouchable, le héros qui a toutes les cartes en main. Il n’est ici que l’ombre de lui-même et Rose apparaît bien seule devant ses décisions. Et que dire de Vassili, fidèle à Rose mais éternel rival d’Artus, qui doit maintenant lui porter secours…
Cependant, face à cette tension parfaitement orchestrée, j’ai regretté quelques lourdeurs narratives. En effet, presque deux siècles séparant les tomes 2 et 3, il est souvent fait référence à des épisodes intermédiaires, au moyen de très longues explications qui auraient selon moi mérité un vrai traitement narratif et pas une impression d’interminable parenthèse balançant une grosse quantité d’information. Mais cela ne remet pas du tout en question la qualité exceptionnelle de la plume de Céline Landressie, toujours aussi soignée dans son vocabulaire sans tomber dans la pédanterie, si appréciable à l’heure où le langage verse trop souvent dans la platitude.

La note de Mélu: 

  108596113[1]

 

Toujours de très grande qualité.

Un mot sur l’auteure: Céline Landressie est une auteure française, geek convaincue. D’autres de ses oeuvres sur Ma Bouquinerie:

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