connexions mentales

Torgal et Maverick sont défricheurs. Leur boulot? Sur leur vaisseau acheté d’occasion, ils errent dans les coins reculés de l’espace pour y ramasser tout ce qui traine et qui peut se revendre. Pas très lucratif, mais cela leur permet d’explorer librement, quitte à monayer aussi les informations qu’ils glanent au fil de leurs découvertes. Les voici arrivés à proximité de Végétalis, une planète encore peu explorée. A leur approche, ils sont contraints d’atterrir en catastrophe. Ils sont alors coincés sur cette planète peu hospitalière dont ils n’ont pas encore bien cerné les autochtones. Ceux-ci semblent d’ailleurs coutumiers d’une étonnante faculté: la connexion mentale.

Qu’il s’agisse du scénario ou des problématiques soulevées, cette petite histoire SF n’a rien de franchement original. On y retrouve l’exploration d’un monde peu connu, la confrontation avec une autre race et la nécessité de trouver un moyen de transport pour quitter au plus vite l’endroit devenu hostile. L’univers de Végétalis rappelle, par ses descriptions, certaines végétations fabuleuses du film Avatar, mais manque un peu de souffle pour réellement nous embarquer. Au vu de son nom, j’aurais d’ailleurs espéré que les végétaux auraient un rôle plus important dans l’intrigue. Les connexions mentales, elle aussi, manquent un peu d’ampleur et représentent une idée très intéressante mais un peu sous-exploitée. Bref, l’univers créé ne décolle pas franchement, pas assez en tout cas pour faire mouche complètement.
Et pourtant, ce livre s’est laissé lire avec un grand plaisir. Il tient d’ailleurs essentiellement sur ses personnages et leurs relations. Les deux défricheurs en premier lieu sont très attachants, avec leur côté bourru de vieux potes baroudeurs qui leur donne un petit air d’Indiana Jones de l’espace (ils ne sont pas sans rappeler les beaux jours de Han Solo, d’ailleurs). Les indigènes, eux aussi, sont fascinants par leur structure sociale si particulière, entre archaïsme terrifiant et spiritualité. On est très vite touché par l’étrange trio qui se noue entre Kaly la végétalienne, Torgal qui tombe fou amoureux d’elle et Maverick qui est pourtant celui avec lequel elle décide de nouer cette fameuse connexion mentale. Et à la course-poursuite finale pour quitter la planète vient s’ajouter bien sûr le doute quant à ceux qui la quitteront ou resteront.

La note de Mélu:

107352982[1]

Pas inoubliable, mais un très bon moment.

Un mot sur l’auteur: Alain Blondelon (né en 1962) est un auteur français très présent sur les salons de littérature de l’imaginaire, et très sympathique!