Ce que je sais de Véra CandidaTrois générations de femmes, quelque part en Amérique du Sud. D’abord Rose, jeune prostituée à Vatapuna. La plus belle, dit-on. Devenue trop âgée pour conserver son titre, elle se retire sur la plage, dans sa cabane. Mais lorsqu’un homme très riche décide de faire construire une villa sur les hauteurs et souhaite la déloger, sa vie prend un drôle de tournant. Alors qu’elle ne s’y attendait plus, elle aura une fille, Violette. Un peu dérangée, un peu perdue, Violette tombe enceinte très jeune et c’est très vite Rose qui prend en charge la petite Vera Candida. A quatorze ans, celle-ci, secrètement enceinte à son tour, fait ses valises et fuit Vatapuna et cette dynastie de femmes sans hommes et de filles sans père. Elle se réfugie dans un foyer pour jeunes mères dans le besoin, où elle se refait une vie. Mais lorsqu’on lui annonce qu’elle va bientôt mourir, elle revient sur les traces de son passé.

Best-seller qui a enchanté nombre de lectrice, ce roman m’a été chaudement recommandé. Les personnages de femmes qu’il décrit sont en effet poignants, chacune à sa façon. Dans cet univers sans lieu et sans réelle époque, la prostituée à la tête de la dynastie a quelque chose de la matrone qui essaye de se libérer des hommes tout en étant leur esclave. Et force est de constater que les événements lui donnent raison tant les choses se gâtent pour sa fille Violette, qu’elle ne parvient pas à sauver. Une impression de fatalité qui s’abat sur cette succession féminine et si on ne peut que comprendre pourquoi Vera Candida prend le large si tôt, le mystère sur les circonstances de sa fuite reste longtemps entier. Aussi éprise de liberté que sa grand-mère, mais pourtant reproduisant le schéma de sa mère, je n’ai cessé de me demander si elle tenait plus de l’une ou de l’autre, et vers quoi elle allait tendre.
Car ce qui m’a le plus plu dans ce roman, c’est cette structure narrative particulière, et sa chute. Il réserve pour la fin la révélation de la cassure qui pourtant réaffirme cette drôle de fatalité. Que devient Rose pendant cette absence? Qui est le père de Violette, et celui de Vera Candida, et celui de son enfant et surtout, cela a-t-il une importance dans l’histoire ou pas?
Pourtant, je n’ai pas été aussi emportée que je ne le pensais. Notamment parce que finalement, j’ai eu l’impression d’être souvent très extérieure, très observatrice devant cette histoire dont, comme le dit le titre, on ne sait pas toujours tout. Une observation teintée de poésie, certes, mais j’ai manqué d’empathie pour les personnages aux réactions assez égales. Le style m’a aussi parfois fait décrocher, avec ses grandes phrases sans presque ponctuation et en tout cas avec très peu de points. Un peu lassant.

La note de Mélu:

Note 3

Pas aussi prenant que prévu, mais un joli roman tout de même.

Un mot sur l’auteur: Véronique Ovaldé (née en 1972) est une auteure française qui a reçu plusieurs prix pour ses précédents romans. D’autres de ses oeuvres sur Ma Bouquinerie:

la grace des brigands