brèves de réceptionsJulie est réceptionniste de nuit dans un hôtel. Ca fait pas mal de critères pour en voir des vertes et des pas mûres. Car derrière le comptoir, en règle générale, le client oublie vite qu’il a en face de lui un employé, voire un être humain. Alors elle raconte ses meilleures perles. Le touriste étranger qui lui demande d’exterminer l’araignée dans sa chambre (non, pas de la faire sortir, mais de la TUER!). Le dragueur relou qui lui achète Orangina sur Orangina pour espérer la rejoindre sur son canapé. Les couples illégitimes qui espèrent sa discrétion. Ou bien le mystère de la porte hantée qui sonne au beau milieu de la nuit même quand il n’y a personne… Il y a de quoi noter, et surtout de quoi rire! Elle en tire à chaque fois une moralité, pour ne pas se remettre dans la même situation. Et après chacune de ces “brèves”, Philippe Reyt (Filipré pour ceux qui le croisent sur Facebook) ajoute une illustration de son cru. De quoi en rire encore un petit peu!

La forme est très à la mode. Après les perles du bac qui fleurissent chaque année, les mots d’excuses des parents, les tribulations des caissières, force est de constater que chaque métier a son lot de scènes cocasses ou franchement tordantes qui méritent d’être révélées au grand public. Ici, côté tocards en tout genre, on est servi. On y retrouve bien sûr les regards graveleux parce que bon, un hôtel, ça donne forcément des idées tordues au bout d’un moment. Les gens qui vous croient à leur service et qui estime que vous faites tout et n’'importe quoi dans l’hôtel. Les clients franchement rocambolesques, du groupe de musique bien rock’n roll à l’armée de papy-mamie désemparé devant la technologie hasardeuse de la machine à café, en passant par les passagers des vols annulés (parce que oui, un hôtel à côté d’un aéroport, c’est une organisation un peu à part). Si je n’ai jamais été franchement surprise des situations, je me suis bien amusé de constater que les gens sont finalement bien tous les mêmes dès qu’on est derrière un comptoir de service à leur sourire, et le ton de Julie Arden ne leur fait aucune concession: incisif et mordant, il les aligne avec brio.
Les images de Philippe Reyt captent à merveille ce qu’il y a de juste drôle dans chaque histoire, même les plus sordides, ce qui permet de toujours finir sur une note vraiment légère (parce que certaines fois, on en serait presque mal à l’aise pour la réceptionniste). Parce que ce livre, c’est aussi l’histoire d’une rencontre entre les deux auteurs et la dernière brève la raconte avec beaucoup d’émotion. Et c’est une réussite, car l’humour potache de Philippe Reyt s’accorde finalement très bien avec les plus belles perles de la réceptionniste.

La note de Mélu:

Note 4

Une très jolie découverte.

Un mot sur les auteurs: Julie Arden est auteur et Philippe Reyt illustrateur.