neachronical post-mortemSoulever une armée de zombie au milieu du cimetière et semer des cadavres momifiés derrière soi, il y a mieux pour passer inaperçu aux yeux de la police. Pourtant, Néa n’a plus le choix. Plus de famille, plus d’amis, elle doit fuir et ne pas se laisser enfermer comme une bête curieuse. Mais elle veut pourtant en savoir plus sur ce qu’elle est devenue, sur ses étranges pouvoirs qui lui permettent d’aspirer la vie humaine et de commander aux cadavres comme aux animaux. Et comme interlocuteur, il ne lui reste que Tod, cet étrange camionneur toujours là au bon moment qui en sait bien trop sur elle. Il en sait peut-être plus sur le lien entre elle et ce chevalier Guinard, au douzième siècle, qui après l’horrible massacre de sa famille par son frère usurpateur au retour de croisade, est prêt à pactiser avec les pires des créatures pour soulager sa peine.

Ce tome enchaîne directement sur le précédent, histoire de nous laisser à peine le temps de reprendre notre souffle. Là encore, on aura notre dose de course-poursuite effrénée, de camionnette de police en cellule de détention ou séquestration. Une esthétique cinématographique évidente, qui n’a rien à envier à certaines séries américaines non plus. Néa n’a peur de rien, à part peut-être d’elle-même.  Car après avoir passé tout un tome à découvrir l’étendue de ses pouvoirs, elle commence à trop bien s’habituer à prendre des vies pour ne pas laisser de témoin. Le personnage évolue donc, tantôt brutale et menaçante, tantôt réellement touchante. Je m’y suis beaucoup attachée encore une fois.
L’origine de ses pouvoirs reste le point central du livre, et petit à petit, les éléments de sa nature se mettent en place avec une remarquable cohérence. Notamment grâce à Tod, qui de chauffeur providentiel dans le premier tome devient un véritable ennemi nécessaire dans celui-ci. Qu’en sera-t-il de lui à l’issu de cette histoire? Peut-il aider Néa ou va-t-il l’envoyer droit en prison ou dans un laboratoire? La question reste soulevée tout le long d’un roman où nul n’est ce qu’il semble être. Des personnages apparaissent, se révèlent, se dissimulent et disparaissent lorsqu’ils ont été utilisés aussi bien par l’intrigue que par les autres personnages, et l’on nous entraîne dans un labyrinthe qui emprunte à la fois au roman de chevalerie, au fantastique gothique et au thriller urbain.
L’originalité réside aussi dans ces deux époques entre lesquelles nous jonglons. Et si l’histoire de Néa, racontée par elle-même, est toujours pleine de ce cynisme et de cet humour noir qui me plaît tant, cette du chevalier Guinard s’inscrit dans un ton beaucoup plus noble, beaucoup plus solennel, issu tout droit du médiéval fantastique classique et qui fait toujours son petit effet. Le mélange est improbable, et pourtant il fonctionne, en plus de donner un sacré coup de jeune aux légendes fantastiques arthuriennes. Le résultat est décapant et je vais de ce pas relire avidemment le tome 3!

La note de Mélu:

Note 5

Une pépite sublimée par les couvertures juste magnifiques de Mina M.!

Un mot sur l’auteur: Jean Vigne est un auteur français qui s’est illustré dans d’autres registres comme le thriller. D’autres de ses titres sur Ma Bouquinerie:

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