Snow QueenBarrett vient d’être quitté par son petit ami. Encore. Par SMS, en plus. Il y croyait pourtant cette fois. Alors qu’il traverse Central Park, il aperçoit une étrange lueur. Un symbole d’espoir? En attendant de trouver l’amour et un sens à sa vie, il est revenu vivre chez son frère Tyler, dont il est très proche. Tyler, ancien drogué, dit-il, parce qu’il replonge parfois. Il vit avec Beth, atteinte d’un cancer. Elle se meurt, petit à petit. Et Tyler doit l’épouser prochainement. Musicien qui ne parvient ni à percer, ni à se persuader lui-même de son talent, il s’applique à composer la chanson idéale pour sa mariée mourante. Autour des deux hommes, il y a Liz, la cinquantaine, un côté cougar, avec son petit ami beaucoup plus jeune qu’elle. Tous, à leur manière, sont bien égratigné, bien perdus. Et tous, à leur manière, se soutiennent et se débattent.

Ce livre m’a laissé sur une drôle d’impression. Parce que finalement, il n’a pas de ligne narrative définie, à suivre. Ce sont des tranches de vie de ces personnages que l’on suit, pour expliquer leur histoire, leurs fêlures, leurs quêtes. Et très vite, on s’y attache. Barrett et son besoin d’amour, prêt à se rapprocher d’hommes qui n’ont rien à lui apporter pour toucher du doigt le bonheur. Tyler qui replonge trop facilement dans la drogue et qui veille avec la plus grande tendresse sur Beth. Beth qui se voit mourir, puis vivre, preuve que rien n’est acquis. J’ai eu un peu plus de mal avec Liz, que j’ai trouvé beaucoup plus froide.
Des retournements de situation sont pourtant à attendre, de ceux qui, malgré le désir profond que l’on a de voir les choses s’améliorer pour ces coeurs cabossés, les plongent encore un peu plus bas. Ils aident cependant à suivre cette histoire à la chronologie un peu évanescente. On découvre peu à peu que les personnages ne sont pas forcément ceux que l’on pensait, qu’ils essayent tous de survivre, à leur manière. L’impression d’ensemble est donc douce-amère, avec une tendresse certaine et une mélancolie indéniable, et même si je n’ai pas réussi à adhérer complètement au point de m’identifier ou de pleurer pour eux (à part peut-être Beth, qui m’a sincèrement touchée),  je me suis laissée porter par le rythme de ce roman atypique, un peu hors du temps, qui tient à la fois de la fable social et du conte de Noël, dont j’ai du mal à dire s’il est tendre ou tragique.

La note de Mélu:

Note 4

Une jolie découverte. Merci beaucoup à Babelio et aux éditions Belfond.

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Un mot sur l’auteur: Michael Cunningham (né en 1952) est un auteur américain, lauréat du prix Pulitzer.