le dernier vampire rédemptionDans une Terre dévastée, la quête de l’immortalité et de l’invincibilité prend un nouveau visage. Alors qu’on pensait les vampires disparus depuis la généralisation du bioplasma, un sang synthétique mortel pour eux, voici qu’un mégalomane avide de pouvoir a trouvé le moyen de tous les ramener à la vie,  mais pas de les délivrer de la soif. Alors entre les rares vampires encore sains d’esprit qui ne savent plus vraiment dans quel monde ils vivent, les bêtes assoiffées de sang que sont devenus les autres, les humains qui ne se doutent pas une seconde de ce qui les guette, la guerre se prépare. Dans cet enfer, trois êtres mènent leurs propres batailles. Virginie Lemère, anciennement à la tête de ces nouveaux trésors d’immortalité, bien décidée à garder une place de premier plan dans ce nouvel ordre mondial. Sa fille, Aurore Lemère, qui vient de découvrir que son organisme a bien quelque chose de différent des autres vampires et qui doit pour cela retrouver son père. Et ce père, Jean Verger, qui se réveille justement de la mort, sans savoir qu’il a une fille qui le cherche mais qui sait très bien que c’est Virginie Lemère qui a eu la riche idée de le tuer à coup de bioplasma, ce qui mérite une vengeance exemplaire.

Au début de ce tome, il faut avoir quelques notions du précédent en tête, quand même, pour bien se plonger dans le système des personnages. Car entre les différents statuts biologiques des humains (transfusés au bioplasma ou non), ou des vampires (immunisés ou non), il y a de quoi se perdre un peu, surtout qu’on considère que toutes ces subtilités ayant été expliquées dans le tome précédent, on n’y reviendra pas. On s’attardera plutôt sur les conflits de pouvoir, et j’avoue avoir un peu décroché sur les stratégies des uns et des autres pour se l’approprier tout en surveillant ses arrières. Non qu’elles ne tiennent pas debout, mais je ne suis vraiment pas douée pour suivre ces subtilités. En revanche, j’ai adoré suivre celui qui, dans l’ombre, attend son heure: Halle Berry, colosse à la peau café-crème et au patronyme emprunté à une actrice des années 2000, chef des nomades de la subcité (réfugiés sous terre après l’apocalypse) et qui se révèle être un vampire particulièrement redoutable. Un personnage surprenant, dont la place dans ce jeu d’échec géant reste longtemps mystérieuse. Une jolie trouvaille!
Côté personnage, j’avoue que j’ai surtout accroché sur Aurore. Coincée entre une mère froide et sans scrupule et un père qui tient plus du mythe que d’autre chose pour elle, elle m’a beaucoup touchée. Sa relation avec Océane, son unique amie qu’elle a transformé en vampire et qui est devenue une chose craintive qui tient plus de l’animal de compagnie, qu’elle rudoie autant qu’elle affectionne, est aussi un petit trésor, et le duo des deux jeunes filles fonctionne à merveille. Plus que Jean, que j’ai trouvé, encore une fois, un peu effacé dans l’intrigue, j’ai adoré la grande revenante de l’histoire, Laurence, son ancienne compagne, une rousse incendiaire qui n’a pas peur de se salir les mains (ainsi que vous le voyez sur la couverture d’ailleurs). De manière générale, je suis bluffée par la capacité de Jean Vigne à créer des personnages féminins aussi sexy que fortes, des vraies nanas badass comme j’adore en croiser dans mes lectures. L’histoire familiale est donc au coeur de ce roman, une famille atypique, branlante, déconstruite, rafistolée, que chacun recherche à sa manière dans un monde en perte de repères.
Mais comme on est quand même en pleine guerre, les moyens ne sont pas en reste. Rues de capitales européennes en ruine, vampires assoiffés réduits à l’état de bêtes immondes dont le corps décharné tombe en lambeaux, les images sont d’une efficacité redoutable pour nous plonger dans un monde sans âme. J’ai été particulièrement marquée par le supplice réservé à Virginie dans la dernière partie du livre, raffiné et cruel, preuve que l’auteur n’hésite pas non plus à malmener ses héroïnes. Ne nous reposons pas trop sur leurs nobles intentions sentimentales, nos héros sont toujours avides de sang et de pouvoir, et même s’il est difficile de dire qui des humains ou des vampires sont les plus à craindre pour cette planète à reconstruire, la morale de l’histoire n’est pas toujours là où on l’attend.

La note de Mélu:

Note 4

Une très belle fin pour une très belle série! Un grand merci aux éditions du Petit Caveau.

Un mot sur l’auteur: Jean Vigne est un auteur français qui s’est illustré dans d’autres registres comme le thriller. D’autres de ses titres sur Ma Bouquinerie:

opération menhir Tempete rousse en Morbihan l'appel de satan désolation le dernier vampire resurrection un chasseur à Paris neachronical