9782210969407_cv_ArkandiasT3.inddThéophile Amoretti a déjà expérimenté deux fois les merveilles et les cafouillages de son grimoire de magie rouge. Et il n’a pas forcément l’intention d’y revenir, pas plus que son meilleur ami Bonaventure, qui réserve à d’autres usages ses talents exceptionnels de flutiste. Mais un drame va le faire changer d’avis. Alors qu’il a oublié de fermer sa fenêtre, un gros chat s’infiltre dans sa chambre et fait deux victimes: sa souris blanche et son poisson rouge. Très triste, mais surtout rongé par la culpabilité, Théophile se lance alors dans une réalisation d’une toute autre ampleur que ses précédents artéfacts magiques: un sarcophage qui peut lui faire remonter le temps. Pas très pratique à cacher, un sarcophage en bois, le temps de rassembler les autres ingrédients… Et bien évidemment, comme d’habitude, tout ne se passe pas prévu. Car au lieu de revenir quatre jours en arrière, c’est un bond de quatre ans que Théo et Bonav’ vont faire! Les voilà bloqués dans des corps d’enfants, à une époque où ils ne se connaissaient même pas encore et surtout, à une époque où le père de Théo n’avait pas encore quitté la maison…

Au bout du troisième tome, on connaît le principe des aventures de Théophile et Bonaventure: on sait qu’ils replongent dans leur grimoire pour des raisons fort honorables et qu’à un moment où un autre, ça va foirer. Donc pas de surprise de ce côté-là. Et pourtant, l’intrigue arrive quand même à se renouveler. Nouvel environnement, nouvelle époque, nouveaux enjeux. Difficile pour Théo et Bonav’ de se faire passer pour des enfants de 7 ans sans attirer l’attention, eux qui peinaient déjà à me convaincre qu’ils n’en avaient que douze (j’en veux bien trente par classe, moi, des gamins de douze ans aussi perspicaces). Le regard qu’ils portent d’ailleurs sur leurs habitudes, vêtements et autres paroles enfantines est d’ailleurs à mourir de rire. Difficile aussi pour eux de contacter Arkandias (et oui, ils finissent toujours par faire appel à leur “ennemi” qui est néanmoins le seul à pouvoir les aider) alors qu’on les laisse à peine sortir de l’école. Il faut dire aussi que j’aime beaucoup les histoires de voyage dans le temps et celle-ci tient ses promesses.
C’est surtout dans l’approfondissement des personnages que ce tome se démarque. S’il aborde le sujet de la mort d’une manière plutôt adoucie, Théophile en est réellement ébranlé, et ce n’est rien comparé à sa réaction en croisant son père et en constatant que les événements qui l’ont poussé à partir à l’autre bout du monde n’ont pas encore eu lieu. Théophile serait-il capable d’empêcher le divorce de ses parents? Plus amer, plus mélancolique, ce tome a quelque chose de plus mature que les précédents en cela et il a donc encore autre chose à proposer à ses lecteurs, et c’est habile. J’ai été réellement touchée par le dilemme inattendu dans lequel ce garçon toujours si enthousiaste, qui semblait si indépendant, si bien dans ses baskets, si complice dans sa relation avec sa mère, doute profondément en retrouvant son père.


La note de Mélu:

Note 5

Un très bon moment!

Un mot sur l’auteur: Eric Boisset (né en 1965) est un auteur français spécialisé dans la littérature de jeunesse. D’autres de ses livres sur Ma Bouquinerie:

le grimoire d'Arkandias  9782210969391_cv_ArkandiasT2.indd