9782210969391_cv_ArkandiasT2.inddThéophile et Bonaventure n’ont plus entendu parler d’Arkandias depuis qu’ils lui ont subtilisé sous le nez la bague d’invisibilité qu’ils avaient fabriquée. Mais voilà que leur bonne conscience vient les tarauder. Car pour fabriquer cette bague, ils ont dû voler du mercure dans le laboratoire de science du collège, et un de leurs camarades a été accusé à leur place et injustement puni. Il va falloir forcer le responsable à lever la punition… Et comme Théophile est toujours aussi intrépide, il décide de jeter un oeil au grimoire de magie rouge, où il retrouve la formule du diadème de sujétion. C’est reparti pour une drôle de course pour rassembler les ingrédients et surtout, pour s’introduire en cachette chez Arkandias pour trouver les commentaires précieux qui les empêcheront de tout faire capoter.

J’ai retrouvé avec plaisir les personnages si attachants du premier tome de la série. Leur duo fonctionne toujours à merveille, entre l’enthousiasme un peu écervelé de Théophile et la bonhommie plus terre-à-terre de Bonaventure. J’ai toujours un petit faible pour Bonav’, qui ne rate pas une occasion de grignoter, de montrer son sens pratique, de se plaindre de sa famille peu orthodoxe mais qui suit avec loyauté son ami dans des délires parfois peu rassurants. Mais j’ai eu aussi le plaisir de voir un peu plus les personnages secondaires, notamment la maman de Théophile ou la soeur de Bonaventure qui ne laisse pas son ami indifférent… Par petite touche, on nous dresse donc un joli panel de figures très sympathiques qui se précisent petit à petit.
Mais ce qui m’a surtout agréablement surprise dans ce livre, c’est son ton très enlevé et son humour omniprésent. Je ne me rappelais pas dans le premier tome d’une écriture si intelligente (ou alors j’y avais été moins sensible) mais dans celui-ci, j’ai été réellement embarquée: c’est drôle, piquant, loin d’être naïf ni niais et ça (pour citer l’autre), j’achète. Parce que je regrette souvent que la littérature de jeunesse soit une littérature simpliste, ici, j’ai été plus que ravie de voir un auteur qui ne prend pas ses jeunes lecteurs pour des illettrés.
Bien évidemment, on retrouve également la fantaisie de l’univers d’Arkandias. La recette proposée par le grimoire pour créer le diadème tient autant de la poudre de perlimpinpin que du poème surréaliste et, comme nos héros ne sont définitivement pas des mages avertis, les effets secondaires s’avèrent désastreux, car on ne se remet pas vraiment des ordres qui nous sont donnés lorsque le diadème a été porté. C’est d’ailleurs assez habile, parce que lorsque la magie dérape, c’est à la fois très bien trouvé et en même temps presque prévisible tant c’est cohérent. On évite donc aussi une magie qui résout tout et défie toute logique, et pour ça aussi, bravo.

La note de Mélu:

Note 5

Une suite qui pour moi surpasse le précédent.

Un mot sur l’auteur: Eric Boisset (né en 1965) est un auteur français spécialisé dans la littérature de jeunesse. D’autres de ses livres sur Ma Bouquinerie:

le grimoire d'Arkandias