kinderlandDans la vie de Mirco, il y a les petits émois de tous les adolescents, il y a l’école où il faut arriver à l’heure, il y a le ping-pong à la récré, il y a la petite soeur qui l’enquiquine, il y a les gros durs de l’école qu’il ne vaut mieux pas trouver sur son chemin. La vie normale. Sauf que Mirco vit à Berlin, dans les années 1980, et plus précisément dans Berlin-Est. La partie communiste de la ville, où il faut obéir à un rituel le matin à l’école pour saluer les pionniers. Par hasard, il rencontre Torsten. Un garçon grand et plutôt costaud qui fait preuve d’une certaine sympathie envers lui. Mais Torsten est plutôt un perturbateur, qui sèche les cours et qui n’hésite pas à se bagarrer. Tout le contraire de Mirco, le petit blond à lunette qui collectionne les bonnes notes. Ainsi va leur vie quotidienne, tandis qu’autour d’eux, les adultes discutent, parlent à voix basse de leurs voisins qui disparaissent du jour au lendemain, pour passer de l’autre côté…

J’ai beaucoup aimé ce roman graphique très touchant. Pourtant, il ne s’y passe finalement pas grand-chose d’original. Des intrigues de cour de récré, des embrouilles entre gamins. La confrontation entre Mirco, le garçon normal, le bon allemand bien élevé, intégré dans l’univers qui est le sien, discret, qui jongle entre l’école, ses cours de piano, la messe, et le bad boy un peu rebelle, un peu détaché, conscient que son univers ne lui correspond pas. Même Torsten est très attachant à sa manière et c’est aussi l’histoire de ces deux  garçons que tout oppose et qui trouvent peu à peu leur place l’un grâce à l’autre. Autour d’eux, on retrouve toute une série de personnages enjoués et plein de vie, et j’ai même souri en voyant que la délégué un peu trop fayote qui aime prendre les choses en main se nommait Angela Werkel.
Mais il s’agit aussi d’un témoignage intéressant sur la vie quotidienne dans un Berlin-Est qui vit ses derniers moments. On entend entre deux portes, à la radio, ces ragots sur ce qui se passe à l’ouest, de ce qu’on a le droit d’y faire, d’y voir. Musique, livres, culture, tout cela avec un petit goût d’interdit que l’on cherche à se procurer en douce, dans les recoins glauques de la ville, avec un ridicule évident mais en même temps grinçant. A hauteur d’enfant, cela donne un fil rouge sur ce qu’on a le droit de faire ou pas à la récré et notamment sur le ping-pong, sport autorisé parce que chinois (donc communiste) n’est pourtant pas assez droit pour devenir l’attraction de la fête des pionniers. Pourtant, l’organisation du tournoi devient un enjeu énorme pour ces enfants.

La note de Mélu:

Note 5

Une très jolie découvert. Merci Babelio et Gallimard!

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Un mot sur l’auteur: Mawil est le pseudo de Markus Witzel (né en 1976), un auteur de BD allemand prolifique et déjà populaire en Allemagne de l’Est, où il est né.