Yanis déesse de la mortRosendael est la fille du roi des Elfes de Tisha. Laocoon, un Prince-Démon de Rynantes. Autrement dit, des ennemis jurés, que tout oppose. Pourtant, un soir, près du Miroir Eternel, un lac millénaire où se mélangent toutes les époques, ils se rencontrent, et tombent amoureux. Tous les soirs, ils se retrouvent clandestinement sur les rives du lac. Lorsque leur secret est découvert, Laocoon est gravement blessé et Rosendael emprisonné dans son propre château. Mais elle porte déjà un enfant. Et certains craignent que ce bébé qui unit les opposés ne soit celui d’une terrible prophétie, celui qui réunira les deux morceaux de la pierre d’Arkem, à la puissance dévastatrice. Reniés tous les deux par leur peuple, les amants s’enfuient dans la forêt, mais Rosendael meurt en mettant au monde sa fille. Dévasté, Laocoon décide de confier le bébé aux humains: elle sera pour eux la réincarnation de Yanis, leur déesse de la mort, et ils la vénèreront comme telle. Elevée dans une tour d’ivoire et d’illusions, à la merci de l’ambitieuse et sans pitié prêtresse Ancilla qui manipule sa petite déesse comme bon lui semble, Yanis voit resurgir peu à peu les souvenirs de sa véritable ascendance et surtout, se rapproche dangereusement de la prophétie qui la concerne.

Pendant plusieurs années, j’ai lorgné sur ce livre, parce qu’il m’intriguait, mais comme je ne suis vraiment pas fan de la couverture et que la quatrième est vraiment mal faite, je n’avais pas osé me lancer. C’est chose faite et je ne le regrette pas une seule seconde! Bon, l’intrigue de départ n’a rien de très original: amour interdit, prophétie qui annonce le retour d’un seigneur du mal, objet magique qui peut tout détruire s’il prend le contrôle de son porteur, enfant tiraillé entre deux races, j’ai déjà lu tout cela et pas qu’une fois. Mais la première partie, qui plante ce décor, a l’avantage d’être pleine de rebondissements et de petite trouvailles. Comme le fait que l’on fait appel, en secret, à un magicien humain pour guérir Laocoon, et à son ambitieux apprenti qui annonce d’emblée être à la recherche de la pierre d’Arkem. Ou encore les Pharons, ces Démons inférieurs qui accompagnent le Prince sous forme de loup partout où il va. L’intrigue comme l’univers du roman sont délicatement complexes et travaillés et même si je me suis sentie un peu perdue lorsqu’il s’agissait de comprendre les origines de la pierre (ce qui laisse une belle marge pour les tomes suivants), j’ai totalement adhéré.
Mais surtout, là où ce roman se démarque, c’est sur son personnage central. D’abord, c’est une fille (oui, j’ai un peu de mal avec les accents machistes de la fantasy, alors là, je me régale). En plus, c’est une déesse, et ça, ça claque. Mais pas que: une fausse déesse, mais une vraie créature magique. Là encore, j’ai adoré la complexité du personnage, la manière dont ses différentes identités se chevauchent, se construisent et se défont. J’ai seulement un peu regretté que le culte de Yanis ne soit pas davantage développé, qu’on ne voit pas plus clairement pourquoi la déesse de la Mort est si redoutée. Mais ce détail mis à part, j’ai beaucoup aimé l’évolution du personnage, que l’on voit grandir, affirmer son caractère, être dépassée par ses propres pouvoirs, affronter ses protecteurs devenus geôliers et découvrir à ses dépends sa véritable condition, qui est d’être à la fois tout et personne. Elle est réellement touchante par son ignorance et sa naïveté. C’est ce personnage aussi spontané que mystérieux qui permet à l’intrigue d’éviter les clichés du genre et d’avoir une véritable “patte” bien à elle.

La note de Mélu:

Note 5

Promesses tenues! J’ai hâte de découvrir la suite.

Un mot sur l’auteure: Valérie Simon (née en 1963) est une auteure française qui vit dans la région de Lyon.