numéro 4Il se fait appeler John Smith, mais ce n’est que le nom qu’il a pris dans cette nouvelle ville. Il n’est pas d’ici. Il n’est même pas de la planète Terre. Sa planète à lui, une attaque l’a réduite à néant. Ils sont neuf à avoir été sauvés, neuf à avoir été envoyés sur Terre avec un protecteur pour grandir, développer leurs pouvoirs et un jour, affronter leurs ennemis. Car ceux-ci n’en sont pas restés là: ils pourchassent toujours les neufs rescapés pour les exterminer. Grâce à un sort habile, ils ne peuvent les tuer que dans l’ordre. John le sait: les trois premiers ont déjà été tués, et comme il est le numéro quatre, il est le suivant. Alors il languit: quand ses pouvoirs feront-ils enfin leur apparition? Et puis, il est fatigué de toujours fuir, toujours changer, toujours abandonner sa vie. Alors cette fois-ci, il va essayer de se faire des amis. A commencer par la jolie Sarah, la fille de leur agent immobilier, qu’il semble ne pas laisser indifférent. Mais Sarah est aussi l’ex-petit ami de Mark, une brute qu’il vaut mieux ne pas trop énerver.

J’ai un avis mitigé sur ce livre. Il a de très bonnes bases: le principe de cette course pour échapper aux ennemis, le fait de savoir que d’autres sont cachés aussi, tout cela crée un rythme très dynamique et un suspens très intéressant, sans parler d’une très belle bagarre finale qui n’a rien à envier aux plus gros block-buster américains. D’ailleurs, j’ai beaucoup aimé ne pas savoir le véritable nom du héros, toutes ses magouilles avec les cartes d’identité et l’application que met Henri, son protecteur, à masquer leur lieu de résidence.
Les personnages sont d’ailleurs un autre point fort. Je ne parle pas ici du gros cliché du petit nouveau qui s’attire l’affection de la plus jolie fille et la jalousie de sa brute de petit ami, rien de bien original là-dedans. En revanche, le personnage d’Henri, qui se plaît à se faire passer pour Français, au flegme quasiment imperturbable, m’a beaucoup plu, ainsi que Sam, le copain geek passionné par les aliens qui ne se doute pas être aussi près de la vérité. Leurs conversations pince-sans-rire ou décalés sont un vrai régal.
Ce qui m’a moins plu, c’est justement le côté SF, que j’ai trouvé souvent un peu tiré par les cheveux, un peu gros, sans grande finesse. Les personnages sont à la fois des extraterrestres, arrivés sur terre grâce à une technologie plus avancée que la nôtre, et des magiciens protégés par des sortilèges. Et avec ça, ils n’arrivent toujours pas à se débarrasser des ennemis qui eux, m’ont semblés carrément bâclés, réduits à des grosses brutes qui démolissent tout pour s’installer. Un peu dommage.

La note de Mélu:

Note 3

Agréable à lire, mais je n’ai pas forcément envie de poursuivre la série.

Un mot sur l’auteur: Pittacus Lore est un membre de la race extraterrestre. C’est également le pseudonyme de Jobie Hughes et James Frey, écrivains.

numéro quatre film2Le film: en 2011, l’adaptation cinéma de D. J. Caruso sort sur nos écrans. Globalement, il respecte la trame du livre. Malheureusement, ce qu’il a choisi de mettre en avant est précisément ce qui m’a un peu laissée de marbre dans le livre, à savoir cette crise identitaire typique des livres adolescents et cette science-fiction qui ne s’assume pas vraiment et qui tourne à la fantasy romanesque par manque d’approfondissement. Evidemment, c’est ce qui attire le public, surtout si on y ajoute une bonne fournée d’effets spéciaux et des bellâtres propre sur eux pour mener le triangle amoureux. Mais cela contribue à donner un film assez attendu, plat, sans relief. Surtout que beaucoup de choses concernant la vie et l’origine de nos extra-terrestres sont très largement survolées et que finalement, on ne se laisse pas toucher par cet “ailleurs” et on renonce à le comprendre parce qu’après tout, le film ne porte pas sur ça.
Ce qui est dommage aussi, c’est d’avoir vidé de leur substance des personnages qui avaient pourtant bien du croustillant. Je n’attendais pas grand-chose d’Alex Pettyfer et Dianna Agron dans les rôles de John et de Sarah: ils étaient trop parfaits dans le livre, ils le sont toujours, et ressemblent autant à des lycéens que moi à une mathématicienne (mais c’est la magie d’Hollywood). Mais j’ai été très déçue qu’ils transforment Sam, le geek un peu allumé de l’histoire en personnage si insignifiant: Callan Mac Auliffe ressemble à un collégien timide perdu dans une université. Heureusement, malgré tout l’humour de son personnage qui a été soigneusement dégagé, Timothy Oliphant parvient à apporter à Henry une certaine classe et surtout, HEUREUSEMENT qu’ils ont Teresa Palmer dans le rôle de Numéro Six, une nana bien badasse qui fait tout péter et donne des ordres à notre blondinet de service et qui m’a rappelé dans certaines mises en scène des épisodes de Buffy qui fait exploser son lycée.
Dans l’ensemble, le film présente donc peu d’intérêt, et même s’il se regarde sans souffrance, il s’oublie aussi assez vite.