il faut beaucoup aimer les hommesA Hollywood, Solange, l’actrice française, rencontre un homme, dans une soirée. Elle est immédiatement fascinée. Attirée. Lui aussi, visiblement, est attiré. Ils finissent la soirée chez elle. C’est seulement après qu’elle prend conscience qu’il est noir, et qu’elle est blanche. Kouhouesso, c’est son nom, l’appelle de temps en temps, passe la voir. Est content de la retrouver. Pour elle, tout n’est plus qu’attente autour de lui. Il a un projet, un film, au Congo, où il veut montrer l’Afrique telle qu’il la voit, un projet qui l’obsède et qui occupe tout son temps. Elle le suit, de près ou de loin. Il réapparaît, de temps en temps. Entre temps, elle ne fait que l’aimer un peu plus.

Ca pourrait être une banale histoire d’amour bancale, d’une femme qui vit un véritable coup de foudre pour un homme aussi fascinant qu’insaisissable. C’est d’ailleurs ce qui m’a le plus marqué: à quel point elle ne fait que parler de lui, que penser à lui, que le surveiller de loin, que l’attendre, lorsque lui semble, sans réelle arrière-pensée, vivre sa vie tout en lui réservant une petite place de temps en temps. Ces personnages m’ont laissée perplexe. J’ai longtemps hésité entre les admirer et ne pas les comprendre. Ne pas les comprendre parce qu’elle s’accroche, encore et toujours, à attendre après un homme qui visiblement ne partage pas son intérêt, et lui parce qu’il la traite finalement avec une sorte d’indifférence, loin d’être prioritaire. Les admirer parce qu’elle semble longtemps consciente de cette distance et qu’elle s’y fait, n’arrête pas sa vie pour autant, et lui parce qu’il parvient malgré tout à lui faire une place dans sa vie.
C’est le voyage en Afrique qui fait tout basculer. Ce passage m’a beaucoup plu parce qu’il nous plonge dans des paysages fascinants, dans une Afrique à la fois sauvage, primaire et écrasante contre laquelle la petite Française ne fait pas le poids. Pourtant elle tient bon, partage la tente avec lui plutôt que l’hôtel avec le reste de la production occidentale. Elle est en décalage silencieux, en malentendu, en dehors, spectatrice.
Si j’ai été très séduite par la relation entre les protagonistes et par le dépaysement auquel l’expérience de Solange nous invite, j’ai eu un peu de mal à intégrer le lien entre les deux. Je n’ai pas réussi à déterminer si l’attitude si distante de Kouhouesso était le fruit de son enracinement dans sa culture ou juste celui de sa personnalité. Peut-être les deux. Mais du coup, j’ai eu l’impression de lire deux histoires dont je ne parvenais pas à saisir le lien. Comme s’il me manquait un maillon.

La note de Mélu:

Note 3

Un petit quelque chose qui m’a manqué pour réellement entrer dans ce roman qui fait partie de la sélection du Prix Océans.

Un mot sur l’auteur: Marie Darrieussecq (née en 1969) est une auteure française, et a reçu le Prix Médicis pour ce roman.

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