le mystère du chêne brûléAn de grâce 1160. Flore, l’orpheline revenue de terre sainte où elle était allée chercher l’arme pour combattre la démoniaque baronne des Monts-Noirs, dirige désormais le couvent de Sainte-Radegonde où elle prend soin des filles sans ressources. Elle y vit avec sa fille, Mélissandre, âgée d’une douzaine d’année. Mais un jour, celle-ci s’approche trop d’un étrange chêne brûlé au coeur des Monts-Noirs et disparaît. Quelle créature que l’on pensait oubliée rôde encore dans les Monts-Noirs? Mais Flore n’a pas que cela à gérer: l’évèque d’Autun, Girard de Bellegarde, la presse de lui céder le couvent, dans quelque noir dessein que Flore soupçonne très vite. Elle le sait: si elle lui abandonne le couvent, ses petites protégées sont perdues. Alors lorsque des meurtres sanglants se produisent à nouveau, ils lui rappellent des crimes d’autrefois qu’elle aurait préféré oublier.

Après La Baronne des Monts-Noirs, Céline Guillaume reprend l’histoire de Flore quelques années plus tard. J’ai beaucoup aimé retrouver l’enfant Mélissandre, avec toute la fraîcheur et l’innocence qui m’avaient touchées chez sa mère dans le tome précédent. Mais surtout, j’ai beaucoup aimé l’évolution des personnages et notamment le bossu, fils de la démoniaque baronne: est-il réellement repenti, soucieux de protéger Flore et sa mère, ou bien toujours aussi terrifiant et sanglant que sa mère? J’ai été très touchée par ce personnage à la fois cruel et tendre. Et si j’ai apprécié de retrouver le fidèle amoureux Albéric de Savigny, qui répond à l’appel de sa Flore depuis la Terre Sainte où il est resté, la palme du personnage marquant revient à l’évèque d’Autun, un véritable méchant comme on les aime, cruel, dégoutant, d’autant plus terrifiant qu’il a le pouvoir et n’hésite pas à s’en servir.
L’intrigue elle aussi se défend bien: on sait que la baronne rôde non loin du couvent, on ne cesse de se demander où et quand elle va enfin réapparaître. En attendant, on suit en retenant son souffle les assauts et les horreurs perpétrées par l’évèque d’Autun. Il faut avoir le coeur bien accroché pour certaines scènes: le merveilleux médiéval est ici sombre, glauque parfois. Le prêtre débauché qui n’hésite pas à imposer ses désirs aux moinillons qui l’entourent est la preuve d’un monde humain perverti où peu de choses trouvent grâce. La monstrueuse baronne elle-même semble plus terrifiante encore, plus monstrueuse et plus diabolique dans le complot qu’elle fomente. La pureté que Flore est censée apporter n’en est que plus précieuse.
Seul regret: j’ai trouvé que l’intrigue n’avançait pas très vite et que les éléments mettaient du temps à se mettre en place. Le rôle de Mélissandre, par exemple, m’a semblé sous-exploité, elle est surtout cherchée et protégée mais reste très en retrait. Albéric de Savigny lui aussi reste beaucoup dans l’attente et met bien du temps à revenir dans l’action. J’aurais aimé que la tension soit un peu plus présente.

La note de Mélu:

Note 3

Un bon moment.

Un mot sur l’auteur: Céline Guillaume est une auteure française, originaire de Bourgogne, passionnée d’histoire médiévale, que vous pouvez retrouver sur son site internet. D’autres de ses livres sur Ma Bouquinerie:

le ballet des âmes litanie_des_anges_celine_guillaume_lokomodo le-serment-de-cassandra La-Baronne-des-Monts-Noirs

challenge petit bac

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