la mort en têteUn couple persuadé que leur neveu est possédé a fait appel à un prêtre-charlatan qui leur extorque une jolie somme contre des invocations visant à libérer l’enfant de crises que l’exorciste provoque lui-même. Est également présent sur les lieux Dorian Barbossa, un journaliste connu pour ses émissions d’infiltrations dans lesquelles il révèle justement en direct ce genre de supercheries. Mais Dorian Barbossa est également connu pour être un exemple de réinsertion et réussite après une jeunesse passée dans des violences de gangs qui lui ont laissé en souvenir une balle en pleine tête, toujours là, entre les deux hémisphères du cerveau. Et surtout, Barbossa est un tueur qui va profiter de l’occasion pour assassiner l’enfant en faisant croire à une cérémonie qui tourne mal. C’est lorsque la police arrive pour constater le décès du petit Léo pendant l’exorcisme que les choses se compliquent. Car c’est Eva Svärta, redoutable policière, qui est chargée de l’enquête. Elle va donc croiser le chemin de Barbossa pour l’interroger, en tant que principal témoin. Et en la voyant, avec ses cheveux blancs et ses yeux rouges d’albinos, et son ventre rond de femme enceinte, Barbossa va nourrir une nouvelle obsession: elle.

J’ai retrouvé avec un immense plaisir le duo de flic Eva – Alexandre Vauvert qui m’avaient tant plu dans De Fièvre et de Sang. Eva est un véritable phénomène à elle seule. Cette albinos habituée à être traitée comme un monstre de foire s’est construit à la fois une solide carapace, une réputation de flic sans pitié capable de se mettre dans la peau de n’importe quel psychopathe, et traine un passé peuplé de fantômes et d’horreurs. Ici, elle révèle sa fragilité: enceinte, elle a certes quelque chose à perdre, mais surtout un nouveau défi à relever, car sa grossesse provoque chez elle des phénomènes plutôt surprenants. Alexandre lui aussi a de quoi attendrir: ce colosse au physique de tueur qui se fie plus à ses méthodes instinctives qu’à la procédure légale n’en a pas encore tout à fait fini avec son ex-femme et cache sous son visage couturé de cicatrice bien des failles. Et il ne sera pas épargné dans cette intrigue: tout est fait pour l’abattre et je n’ai pu que retenir mon souffle à chaque fois qu’il parvenait à rester debout.
Alors lorsqu’ils sont pris en chasse par un malade décidé à les détruire, on ne respire plus jusqu’à la dernière page tant on se demande comment ils vont s’en sortir. Barbossa est fort, très fort, et s’il s’acharne à essayer de les tuer d’un côté, il s’arrange également pour semer autour d’eux des morts dont ils apparaissent comme les seuls coupables. Ils n’ont donc plus d’autre choix que de fuir leurs propres collègues pour espérer prouver leur innocence et survivre. Le roman fonce, et chaque chapitre semble faire monter la pression encore un peu plus par rapport au précédent, au point qu’on se demande jusqu’où Sire Cédric va oser nous emmener, frôlant parfois le manque de crédibilité tant il va loin. Mais on lui pardonne: on veut du grand spectacle, et on en a!

La note de Mélu:

Note 5

Un roman qui se lit d’une traite!

Un mot sur l’auteur: Sire Cédric (né en 1974) est un écrivain français qui a déjà signé plus de dix romans, les plus récents étant les cinq consacrés à Alexandre Vauvert et Eva Svärta ; retrouvez-le sur son site internet et découvrez un autre de ses romans sur Ma Bouquinerie:

de fièvre et de sang  le jeu de l'ombre

 

challenge petit bac

 

catégorie “partie du corps”