la brancheMarc est un homme fatigué. Brisé. Pour lui, la vie ne vaut plus guère la peine de continuer. Lui qui a tout raté dans sa vie, décide de réussir sa mort. Il a déjà choisi sa branche, une belle branche noueuse et solide. Et il décide qu’il lui reste sept jours. 10 080 minutes durant lesquels il va choisir les activités qui précèderont sa mort. Ce qu’il va faire, où il va aller. Au Louvre, par exemple. Ou s’offrir un dîner dans un restaurant de luxe. Et repenser au drame qui a brisé sa vie. L’occasion aussi de revenir sur sa jeunesse. Ancien étudiant de mai 1968, épris de liberté et de grands idéaux, il repense à Jacqueline et aux manifestations enragées dans lesquelles ils se jetaient à corps perdus. Il retrace aussi ses débuts comme enseignant, bien décidé à briser le carcan de l’enseignement et à former des citoyens libres et éclairés. Et il repense surtout à comment le monde l’a rattrapé.

Je dois avouer que je suis restée très longtemps extérieure à ce roman. Le personnage de Marc, au départ, ne m’a attiré aucune empathie, j’ai même soupiré très fort pendant les premières pages. J’ai eu l’impression de voir défiler un thème éculé, trop bateau, lorsqu’il raconte sa vie d’étudiant soixante-huitard, et je n’y ai pas accroché du tout. Mon intérêt s’est un peu réveillé devant son récit de ses déboires d’enseignant forcé à entrer dans le moule, mais très probablement parce que son discours n’est rien d’autre que le constat que fait tout professeur au bout de quelques années de service, et j’ai bien peur que ce soit davantage ma complicité de collègue que mon intérêt de lectrice qui ait été piquée. Bref: j’ai eu du mal à voir l’intérêt de cette partie, sinon de nous faire défiler la vie d’un homme qui fait l’amer constat que ses rêves de jeunesses se sont retrouvés tout doucement enterrés sans vraiment qu’il s’en rende compte et avec sa tacite acceptation.
En revanche, j’ai de loin préféré son histoire récente, lorsqu’il nous raconte le drame qui lui fera perdre à la fois sa femme et son fils. J’aurais tellement aimé qu’il soit davantage développé tant il est poignant, tant il y a de choses à dire sur l’attitude de ses proches, sur la solitude progressive qui s’installe autour de lui. J’aurais d’ailleurs volontiers mis des gifles à son fils tant son attitude m’a semblé révoltante. J’ai également beaucoup aimé la rencontre d’Hélène, une jeune femme seule dans un train qui semble aussi désespérée que lui, voire plus et qui va peut-être l’obliger à revoir ses projets. Mais j’ai eu le sentiment que cette rencontre arrivait bien tard dans le récit et qu’elle aussi aurait mérité d’être bien plus développée. En un mot, j’ai eu la sensation d’avoir trois récits en un sans arriver à faire les liens des uns avec les autres. Je les ai lu indépendamment avec intérêt mais sans réellement entrer dedans.

La note de Mélu:

Note 3

J’ai eu de bons moments, mais je suis passée à côté au global. Un grand merci à Babelio pour cette lecture ainsi qu’aux Ardent Editeurs.

Un mot sur l’auteur: Claude Carreaux a enseigné la littérature et le cinéma avant de se tourner vers l’écriture.

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