manon lescautLe chevalier des Grieux vient juste d’être nommé membre du prestigieux ordre de Malte. A dix-sept ans, l’avenir semble lui sourire. Mais dans une auberge, il fait la rencontre d’une jeune fille si belle qu’il en est bouleversé. Elle s’appelle Manon, elle a seize ans, et ses parents l’envoient au couvent pour mater un caractère un peu trop prompt au plaisir. Mortifié de voir que celle dont il vient de tomber éperdument amoureux est déjà sur le point de lui échapper, il prend la décision de s’enfuir avec elle. Malgré les mises en gardes avisées de son ami Tiberge, les deux jeunes gens se réfugient dans un appartement parisien. Mais en dépit des bonnes intentions du Chevalier, très vite, ils oublient toutes les recommandations de la morale et se livrent à tous les plaisirs que l’amour débordant du Chevalier et la sensualité déjà bien exercée de Manon peuvent leur inspirer. Mais l’on ne vit pas d’amour et d’eau fraiche, et la vie de plaisir que Manon chérit coûte cher. Alors que le Chevalier envisage de renouer avec sa famille pour obtenir de l’aider, Manon l’en dissuade et prétend trouver de l’argent par ses propres moyens, quitte à se rapprocher un peu trop d’un vieux voisin un peu trop lubrique.

Cette nouvelle collection des éditions La Musardine propose de revisiter le texte de l’abbé Prévost en y ajoutant explicitement ce qui avait été soigneusement sous-entendu au XVIIIème siècle et qui avait tant fait scandale à l’époque. Il faut dire que l’intrigue de ce roman s’y prête plutôt bien. Manon Lescaut est une fille qui affiche son goût pour le plaisir et les divertissements. C’est une maîtresse qui coûte cher, et qui n’hésite pas à vendre ses charmes, y compris en prétendant faire profiter son amoureux des largesses obtenues par son joli minois. C’est la deuxième fois que je lis ce roman et encore une fois, je n’arrive pas à lui trouver d’excuse, tant j’ai l’impression qu’elle empoisonne tout ce qu’elle touche et qu’elle n’a pour excuse que de pleurer ensuite pour se faire pardonner, ce à quoi elle parvient. J’ai en revanche beaucoup plus de sympathie pour le Chevalier, complètement envoûté, prêt à sacrifier sa foi et sa famille pour les jolis yeux de Manon, et qui s’aigrit au fil du roman, puisqu’il est prêt à voler, tuer et qu’il est parfaitement conscient que sans argent, Manon le quittera. C’est un personnage admirable, qui l’aime malgré la conscience aigue qu’il a de ses défauts.
Pour autant, il bascule sans trop de problèmes dans le libertinage auquel Manon l’invite et le maintient, elle qui refuse de se marier. Et c’est pourquoi l’idée d’une expérience sexuelle intense et débridée était plutôt bonne, car elle va parfaitement dans le sens d’une addiction du Chevalier aux charmes et aux délices que Manon propose. Les “scènes érotiques” annoncées sur la couverture sont d’ailleurs suffisamment judicieusement placées (une seule mise à part) pour ne pas trop dénaturer le sens du roman. Ce qui allait moins bien en revanche, c’est la rupture de style, parfois très artificielle, introduites par le bien pratique “à un moment…”. Le plus décevant a été la grande vulgarité dans laquelle le texte a pu tomber, qui détruisent le charme désuet que peut avoir la langue classique, sans parler des termes carrément risibles comme “se manualiser” ou encore le “blanc d’oeuf” dont je vous laisser chercher ce qu’il servait à désigner.

La note de Mélu:

Note 3

Pour le texte original et pour l’intention.

Un mot sur les auteurs: L’abbé Prévost (1697-1763) est un homme d’église, romancier et traducteur français. Carlo Vivari est un romancier spécialisé dans l’érotisme.

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catégorie “prénom”