rebornChuong, dix-sept ans, rend visite à sa vieille amie Angèle. L’opération est périlleuse. Angèle est une vieille dame installée sur Reborn depuis longtemps, et Chuong est un invasif. Depuis que la Terre est devenue invivable, l’émigration vers la planète Reborn a été d’une telle ampleur que les autorisations, sous forme de puces identitaires implantées dans le nombril, sont à présent distribués au compte-goutte, certains rejoignant même l’idée du candidat sénateur selon laquelle on devrait réserver Reborn à une élite. Pour ne pas être renvoyé sur Terre, Chuong vit depuis dans la clandestinité, comme tous ceux considérés comme des invasifs. Pourtant, il a pour amie cette vieille dame. Mais lorsqu’il arrive chez elle, ce soir-là, il la trouve inconsciente sur le sol, victime d’un passage à tabac. Il choisit alors d’appeler les secours, même si cela l’oblige à afficher son statut de clandestin et à se livrer à la police. Problème: aucune trace d’effraction chez Angèle. Et comme il est un invasif, il est le premier suspect dans cette agression. Angèle lui a pourtant souvent parlé de son fils, avec qui elle a souvent de violents désaccord. Mais tant qu’elle ne reprend pas conscience, il est contrant de raconter aux deux policiers toute son histoire.

Ce petit roman a l’avantage d’une histoire simple et facile à suivre. L’idée de départ est intéressante: l’auteur décrit la montée des eaux, la disparition progressive des continents à commencer par ceux qui sont déjà aujourd’hui menacés comme l’Asie du Sud-Est, et justifie ainsi l’urgence de coloniser une nouvelle planète, ainsi que les dérives commerciales et élitistes qui peuvent en découler. Le principe des clandestins, de l’organisation sociale, est particulièrement intéressant et j’ai beaucoup aimé la rencontre avec l’autre invasif qui s’accroche à sa valise de souvenirs de la Terre plus qu’à sa propre vie. Le retournement de l’intrigue, s’il n’est pas spectaculaire, a eu l’avantage de me surprendre et de permettre un regain d’intérêt certain et un rythme qui tient la route.
Néanmoins, l’histoire reste à de nombreux égards déjà-vu et superficielle. Le système des processeurs identitaires dans le nombril m’a rappelé certaines scènes de Minority Report et ici, il m’a semblé peu renouvelé. Le thème du racisme envers l’immigration, s’il a l’avantage de tomber toujours assez juste, n’a rien non plus de révolutionnaire, puisqu’on y retrouve les camps où sont parqués les immigrants en attente de décision et l’institutionnalisation politique. La transposition est donc facile à voir, donne un lecteur satisfait mais pas transporté.

La note de Mélu:

Note 3

Un bon moment pour jeunes lecteurs.

Un mot sur l’auteur: Thierry Robberecht (né en 1960) est un auteur belge qui s’est spécialisé dans la littérature de jeunesse.