dans les pas de romaneA Nive, l’hiver est de retour, les fêtes de la Mort se préparent. Aux Trois-Dragons, Romane met les bouchées doubles pour accueillir les clients. De temps en temps, elle s’offre une escapade aux écuries: cavalière hors pair, elle économise sur son petit salaire de serveuse pour s’offrir enfin son propre cheval. En attendant, elle travaille avec ceux que son frère Tristan dresse. Il est le seul à savoir que sa soeur est un Talent. Mais ceux-ci sont si mal vus dans la région que Romane tient à rester discrète sur le sujet. Pourtant, c’est probablement ce Talent qui a attiré un lutin dans sa chambre. Une lutine, pour être plus précise, une danthienne du nom de Niña. L’avantage, c’est qu’elle est passionnée de couture et s’amuse à retoucher ses vêtements pour les rendre plus seyants. Pratique! Pourtant dehors, quelque chose semble se passer: de nombreux voyageurs et chasseurs font escale aux Trois-Dragons avant de prendre la route vers le Nord. Il y a quelque chose d’anormal, là-haut. Ninã le confirme: le Petit Peuple craint quelque chose. Lorsqu’une délégation de la Garde Royale fait elle aussi escale à Nive et demande à Romane de leur servir de guide vers le Nord, le soupçon se confirme: une menace inconnue rôde et se rapproche.

Ce livre m’a été proposé en partenariat par l’auteure elle-même via le forum Mort-Sûre. Spontanément, je ne suis pas sûre que j’aurais pensé à lui: le titre me semble un peu plat et mériterait d’être repensé (et notamment les différents livres porter un titre propre), la couverture n’est guère aguicheuse et de plus, c’est un petit pavé de plus de 400 pages. Et puis, j’ai lu la quatrième de couverture, que j’ai trouvée, elle, furieusement bien conçue. Et je n’ai pas regrettée une seule seconde ma lecture.
Romane est une héroïne qui a su gagner toute ma sympathie. Loin d’être une jeune première, elle a déjà enduré bien des épreuves. Le racisme d’abord: Romane et son frère Tristan ont perdu leur parents très jeunes et s’ils ont eu la chance d’être vite adoptés ensemble, ils gardent les cheveux noirs et la peau sombre du pays qu’ils n’ont pas connu. Les désillusions amoureuses aussi: Romane a failli se marier et s’est rendue compte au dernier moment que son fiancé cherchait à la modeler suivant ses désirs. Romane est donc une femme aguerrie qui ne s’en laisse pas conter, ni par les femmes ni par les hommes. Le mystère quant à son Talent est soigneusement entretenu et l’on devine ainsi tout le soin qu’elle met à le garder secret puisque le roman est mené à la première personne du point de vue de Romane. Loin d’être une minidette, cette héroïne forte et pleine de simplicité m’a énormément plue et j’ai eu beaucoup de sympathie, voire d’empathie, pour la solitude subie ou voulue qu’elle s’impose souvent.
Autour d’elle, les personnages secondaires sont particulièrement soignés et approfondis. Les personnages masculins, notamment. J’ai beaucoup aimé l’affection un peu bourrue de Tristan ou la poésie sensuelle d’Oedun le musicien. Les gardes royaux, avec leurs secrets et leur uniforme, sont particulièrement intrigants et si j’ai au départ beaucoup aimé Belvis, le jeune premier avec son humour et sa joue de vivre, j’ai appris à apprécier Enselin et ses blessures passées et surtout, Arthus et sa droiture infaillible. Force est de constater que Romane évolue dans un univers d’homme, et je me suis plu à me demander auquel elle succomberait. Pourtant, loin de basculer dans la romance, Romane est adepte des amours plus matures, sait ce qu’elle veut, qu’il s’agisse de pendre du bon temps sans lendemain ou de s’attacher à un compagnon plus durable.
Je vais d’ailleurs m’empresser de classer ce livre parmi ceux qui me réconcilient avec la fantasy, genre qui attire toute ma méfiance. Pour une fois, l’héroïne en est vraiment une, et pas juste une jolie poupée qui ne sert que de faire-valoir aux guerriers. De plus, la magie qui point dans cet univers ne sert pas de solution miracle à tout noeud de l’intrigue: elle est au contraire traitée avec défiance, voire cachée, ne tombe pas complètement dans la norme et cette subtilité m’a beaucoup plu. De fait, mis à part l’existence d’un Petit Peuple féérique, on en sait peu sur la place de la magie lorsque le livre se termine et j’ai beaucoup aimé que l’auteur ne tombe pas dans cette facilité et en fasse un réel enjeu de suspens du livre.
Tant de soin demande beaucoup de pages… et pourtant, ce livre ne m’a pas semblé long. Bien au contraire: j’ai eu l’impression de me laisser porter par un style qui, sans être recherché, ne tombe pas non plus dans la banalité et sait prendre soin de son lecteur en s’adressant à lui comme à quelqu’un d’intelligent. C’est d’autant plus méritoire que j’ai lu ce roman alors que j’étais malade, dans un état second qui m’empêchait de me concentrer et de penser clairement, et que ce livre m’a réellement bercé durant ma convalescence. J’ai eu l’impression qu’on me racontait des histoires, des chroniques, des anecdotes, qui ne me demandaient pas d’effort de lecture mais ne me laissaient pas non plus d’impression simpliste, et j’ai beaucoup de respect pour les auteurs qui arrivent à atteindre cet effet. Les presque 500 pages défilent donc toute seules. Seul bémol: le livre s’arrête de façon trop abrupte et j’aurai aimé une vraie fin. En ce sens, il aurait peut-être mieux valu qu’il s’arrête un peu avant. Néanmoins, c’est avec un grand plaisir que je lirai le livre 2!

La note de Mélu: un coup de coeur!

coup de coeur 2

Un immense merci à Cécile G. Cortes et à Mort-Sure pour cette belle parenthèse, j’ai hâte d’en connaître la suite!

Un mot sur l’auteure: Cécile G. Cortès est une auteure française qui possède deux chats et deux cochons de compagnie. Vous pouvez la retrouver sur son blog, Plumes Sauvages. Quant à Romane, vous pouvez l’acheter pour moins de 5 euros sur Amazon et sur le site de l’auteur en format epub.

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