Les émigrés 6.pngEugène a quitté sa Charente natale pour aller combattre avec le 1er Etranger au Maroc Oriental. Nous sommes en 1913, et cette prise de contact avec la terre marocaine ne présage pas le coup de foudre qui s’en suivra. Lorsqu’Eugène, rentré en Charente, annonce son intention de partir s’y installer avec sa toute jeune épouse Aline, la décision ne fait pas vraiment l’unanimité. Mais Eugène est sûr de lui: le Maroc sera son avenir, et Aline a l’esprit aventureux et le caractère sauvage. Les voici arpentant le pays, vendant leurs cuirs et leurs peaux, à la recherche de l’endroit où établir leur commerce et leurs affaires.

L’originalité de ce petit roman réside bien entendu dans son point de vue. Là où dans l’esprit de tous, c’est la France qui est terre d’accueil pour les Marocains, nous voyons ici deux Français devenir volontairement émigrés en plein Maghreb.  Avec une fascination digne des Mille et Une Nuit, on découvre un Maroc traditionnel qui fait rêver nos yeux d’occidentaux, malgré la rudesse de la vie qui y est menée. Et surtout, il met en avant l’accueil: Aline et Eugène se fonde dans la population avec une aisance aussi grande que l’est leur désir d’être là. Les Marocains les accompagnent, les conseillent, les guident. On suit avec attendrissement et curiosité leur cheminement pour se faire une place, pour fonder une famille qui soit vraiment d’ici. J’ai tout particulièrement apprécié le personnage de Vincent de la Barre, mystérieux aventurier qui fait tout pour rester scandaleusement impertinent mais qui ne peut s’empêcher d’être un bienfaiteur. Néanmoins, j’ai trouvé que l’avancée de l’histoire, qui se déroule sur plusieurs dizaines d’années, poussaient à sacrifier quelques éléments qui auraient mérité d’être approfondi, comme l’étonnante complicité de caractère entre Vincent et Aline par exemple. On survole donc parfois un peu trop les choses et ce roman aurait mérité quelques pages de plus. L’intérêt revient dans la dernière partie, avec l’arrivée de Françaises avides que j’ai adoré détester et qui m’ont fait terminer ma lecture sur un véritable désir de connaître la suite.

La note de Mélu:

Note 4

Un bon moment, malgré quelques manques.

Un mot sur l’auteur: Elen Brig Koridwen est une auteure française. D’autres de ses livres sur Ma Bouquinerie:

elie et lapocalypse  Spi