chant_noel_dickensEn cette veille de Noël, le vieil Ebenezer Scrooge est encore à son bureau. Récemment, son associé Marley est mort, mais il n’a pas arrêté de travailler pour autant. Noël, ce vieux grincheux, il n’en a cure. Personne ne peut le dérider, ni son neveu qui lui annonce que les réjouissances se feront sans lui, ni l’enfant qui vient lui chanter des chants de Noël sous ses fenêtres. Et lorsque son commis lui demande s’il peut prendre sa journée de Noël, Scrooge l’avare le retient sur son salaire. Chômer le jour de Noël, et puis quoi encore? Mais le froid et les brumes anglaises ont décidé de sauver son âme… Le fantôme de son défunt associé, Marley, lui apparaît, et c’est un Marley chargé de chaînes qu’il doit porter pour l’éternité qui lui annonce qu’il est grand temps de se racheter de cette vie d’avarice et de méchanceté, et que pour cela, trois esprits vont se succéder pour lui montrer l’urgence de la chose. Scrooge ne prend pas cela très au sérieux jusqu’au moment où, une fois dans son lit, il voit entrer dans sa chambre un étrange petit esprit auréolé de lumière. Le premier esprit commence sa démonstration.

Ce petit conte de Noël, ultra-connu, ultra-repris, je le connaissais bien avant que le film avec Jim Carey ne le remette à l’honneur. Mais comme rien ne vaut un retour aux sources, nous voici dans le Noël de Dickens, un Noël dans le smog londonien peuplé d’orphelins et de vieillards édentés aussi pouilleux qu’ils sont attachants, et, roman victorien oblige, des fantômes chargés de chaînes qui sont aussi effrayants qu’édifiants. Enfin un conte pour enfant qui n’embellit pas inutilement et qui met un méchant dans un vrai décor de méchant. Mais ce que j’ai surtout aimé, c’est le principe des histoires à tiroir. Chaque esprit qui le visite l’emmenant successivement dans le passé, le présent et l’avenir, Scrooge devient spectateur de toutes sortes d’histoires tantôt attendrissantes sur son propre passé, tantôt poignantes sur le présent de son entourage et les fêtes dont il s’est lui-même exclu, tantôt terrifiante de froideur de l’esprit du Noël futur et sa silhouette silencieuse rappellent une faucheuse menaçante. D’une structure facile et d’une belle morale de Noël, ce conte fait pourtant mouche par son ambiance dont Dickens a le secret.

La note de Mélu:

Note 5

 

Un grand merci à Anne Sophie pour avoir partagé cette LC en simultané avec moi.

Titre original: A christmas caroll (traduit de l’anglais)

Un mot sur l’auteur: Charles Dickens (1812-1870) est un romancier britannique connu pour ses descriptions du Londres populaire du XIXème siècle. D’autres de ses romans sur Ma Bouquinerie:

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Un joyeux Noël et de belles fêtes à tous les Bouquineurs réguliers ou occasionnels qui passeront par ici!