la-rose-ecarlateMaud vit dans le Périgord avec son père, forgeron. Elle aime l’aventure et se battre à l’épée, peu commun pour une jeune fille du XVIIIème siècle, mais son père regarde ces frasques avec tendresse et va même jusqu’à lui forger sa propre épée. Maud a une autre passion: le Renard, un bandit de grand chemin qu’elle considère comme un héros du peuple et dont la réputation a gagné toute la France. Mais lorsque son père est assassiné sous ses yeux, la vie de Maud bascule. La voilà réclamée par son grand-père, dont elle ignorait jusque là l’existence et qui a de quoi surprendre: il s’agit du comte de la Roche! Maud est donc noble et se voit contrainte à la vie parisienne et à devenir une lady, ce qui ne lui plaît guère. Heureusement, elle voit là une excellente occasion de rencontrer enfin son idole, le Renard! Lors d’une réception, elle rencontre le jeune comte Guilhem de Landrey, séduisant mais trop noble pour lui inspirer confiance. Car Maud n’a qu’une envie: imiter son idole le Renard, devenir une justicière masquée et retrouver l’assassin de son père. La Rose Ecarlate est née!

J’avais été intriguée par les couvertures à la fois très fashion et très soignée de cette bande-dessinée sans oser me lancer. Après que mes proches et mes élèves me l’aient conseillée, j’ai sauté le pas. Et j’ai immédiatement accroché. Il faut dire que ces dessins qui portent clairement l’inspiration manga sans en avoir la vulgarité ou l’aspect brouillon ont toujours produit leur effet sur moi, comme je l’avais déjà remarqué en lisant Pink Diary de Jenny ou en regardant Totally Spies (dessin animé sur lequel Patricia Lyfoung a d’ailleurs travaillé). Ils ont la fraîcheur du dessin animé sans être trop enfantins. Je me suis régalée à voir les tenues à crinolines, les coiffures, les bijoux que l’auteur imaginait pour ses personnages, ou même les costumes des hommes, les décors de Versailles, détails auxquels je suis toujours sensible. Quand à l’héroïne, même si elle est très attendue, elle m’a touchée. Elle tient du Lady Oscar, de la fille de D’Artagnan, de toutes ces filles de l’Ancien Régime qui, grâce au fantasme d’auteurs modernes, montrent une émancipation face aux codes sociaux peu crédible mais ultra-romanesque, et j’avoue que sur moi, ce thème marche toujours. Elle m’a aussi rappelée, avec son sale caractère, sa maladresse, son entêtement et sa coupe de cheveux, des héroïnes manga pleine de peps qui ont fait le succès de séries drôlissimes, comme la Naru de Love Hina, de Ken Akamatsu. Si le Renard n’est qu’une variation sur un Zorro assez convenu (et son identité ne fait pas l’objet du moindre suspens d’ailleurs), le personnage de la Rose Ecarlate, lui, est plein de fraîcheur et j’ai adoré voir cette mademoiselle personne prendre l’épée, se faire vite remettre à sa place par son héros devant qui elle redevient une midinette. Et puis bon, l’effet “super-nana” fait toujours mouche. Alors oui, c’est jeunesse, un tantinet superficiel et un poil idéalisé, mais cette bande-dessinée a les qualités d’un roman d’Annie Jay ou de Alain Grousset, et ça fonctionne bien. Ce que j’ai pu regretter néanmoins, c’est que l’intrigue avance finalement un peu lentement: chaque tome est un peu pauvre, un peu léger et même si l’on admet qu’il faut du temps et du travail pour en produire un, ils laissent tous un peu sur sa faim.

La note de Mélu:

Note 5

Une excellente note qui est due uniquement à ma bibliothèque qui m’a permis de lire les 6 premiers tomes à la suite!

Un mot sur l’auteure: Patricia Lyfoung (née en 1977) est une auteure et illustratrice française. Quelques images tirées du site de la bande-dessinée:

rose écarlate

 

rose écarlate2

D’autres images sur la page Deviant Art de l’auteur.

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catégorie “végétal”

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