la faute de l'abbé mouretAu village des Plassans, le jeune abbé Serge Mouret, vingt-cinq ans, tente avec le sourire de ramener sur le chemin de la foi des jeunes filles dévergondées qui aiment à se faire culbuter dans la paille et ne sont pas pressées de rectifier les choses par le mariage. Dans un tel contexte, la chasteté inébranlable de l’abbé Mouret semble bien déplacée… Mais qu’à cela ne tienne: accroché fermement à son rejet de la chair, l’abbé voue un amour immodéré à la Vierge Marie qui l’entraîne dans des extases toujours plus profondes. En accompagnant son oncle, le docteur Pascal, au chevet d’un vieil homme qui vit loin de la religion dans une immense propriété envahie par la nature, il croise Albine, la nièce de celui-ci, seize ans, pleine de vie, pleine de sève, qui vit comme une sauvageonne. Ses dévotions à sa foi n’en deviennent que plus intenses, au point qu’il tombe gravement malade. Son oncle le confie alors aux bons soins d’Albine, reclus dans la belle propriété du Paradou.

Vous l’aurez compris, l’abbé Mouret va succomber au péché de la chair avec la jolie Albine. La ferveur avec laquelle il se jette à corps perdu dans ses extases mystiques n’égale que la description luxuriante de la nature qui devient un véritable temple pour abriter les deux jeunes gens. Au sein de ces arbres resplendissants, ces fleurs qui embaument, ils découvrent l’amour comme deux enfants, entre émerveillement de leurs propres émois et déception de ne pas toujours trouver comment satisfaire leur besoin de l’autre. Malheureusement, le retour à la réalité est brutal: Serge se rappelle qu’il est l’abbé Mouret, appelle Dieu pour ne plus voir Albine et ne sait comment être prêtre tout en aimant une femme. La chute se précipite et la cruauté avec laquelle la religion brime les beautés de la nature et de l’amour est plus qu’explicite. Néanmoins, j’ai l’impression d’avoir été un peu flouée: la fameuse “faute” n’arrive qu’une fois que plus de la moitié du livre est écoulé. Je ne m’attendais absolument pas à lire des envolées lyriques célébrant la richesse et la profusion de la nature, qui m’ont fait comme une impression de hors sujet, une espèce de Lys dans la Vallée réchauffé, alors que je n’en pouvais plus d’attendre que l’abbé Mouret se confronte enfin à son pire ennemi. Ce n’est donc que dans la dernière partie du roman que j’ai vraiment retrouvé le cynisme naturaliste de Zola, le début étant probablement un peu trop romantique pour moi.

La note de Mélu:

Note 3

Une impression globale mitigée…

Un mot sur l’auteur: Emile Zola est un auteur français de la fin du XIXème siècle qui s’est lancé dans un cycle romanesque, les Rougon-Macquart, montrant l’évolution naturelle et sociale d’une famille. D’autre de ses œuvres sur Ma Bouquinerie:

assommoir  au bonheur des dames  germinal  zola_nana  raquin

challenge_petit_bac

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