Le_Vampire___John_William_PolidoriLord Ruthven est un véritable phénomène à Londres. Sa pâleur effrayante, son indifférence aux plus joyeux plaisirs intriguent. Il est invité à tous les salons mais résiste aux avances des plus acharnées coquettes. Lorsque le jeune Aubrey croise sa route, il a la charge seul de sa soeur. Comme tout bon jeune noble Anglais, il doit maintenant accomplir son tour d’Europe. A sa surprise, lord Ruthven lui propose de l’accompagner. Voilà les deux hommes sur les routes. Mais Aubrey s’inquiète vite du penchant au vice que manifeste son compagnon, qui ne distribue ses largesses qu’aux plus douteux personnages, d’autant plus que ceux-ci semblent condamnés à tourner plus mal encore après avoir croisé son chemin. Son goût pour le jeu lui donne l’occasion de ruiner nombre de malheureux, avec une impassibilité et un silence troublants. Et comme pour confirmer ses doutes, sa famille lui écrit de se séparer d’un homme qui n’laissé derrière lui que des femmes vautrées dans la dépravation.

Cette courte nouvelle d’horreur a été écrite pendant le fameux été que Polidori passa avec Lord Byron, Percy Shelley et sa femme Mary Shelley à inventer des histoires à se faire peur, et qui donna naissance au mondialement célèbre Frankenstein. Vite lue, elle ne fait pas non plus se dresser les cheveux sur la tête: le style est un peu daté, un peu survolé, très factuel, peu creusé dans la psychologie des personnages ou même dans l’effet sur le lecteur. De plus, une longue préface nous présente un certain nombre de preuve de l’existence du vampire, ce qui ne laisse aucune possibilité à Ruthven de semer le trouble dans les esprits: il apparaît immédiatement comme le monstre de l’histoire, mais comme on est dans le monde des dandy anglais, il ne fait rien de monstrueux. Il ne remplit donc pas vraiment le contrat. Heureusement, je me suis beaucoup attaché au naïf Aubrey, bien fragile face au monolithique et taciturne Ruthven, paralysé par l’aura de son compagnon, incapable de sauver les femmes qui l’entoure et vampirisé lui-même de bien des manières: là est peut-être toute l’habileté de la nouvelle, de montrer un personnage que le vampire ne touchera pas mais qu’il détruira quand même…

La note de Mélu:

Note 4

Un précurseur du genre qui se lit bien mais qui manque d’un peu de frisson.

Un mot sur l’auteur: John William Polidori (1795-1821) est un auteure anglais d’origine italienne, ami de Mary Shelley.

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catégorie “animal”

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8/8