la déclarationA Grange Hall, Anna travaille dur. Comme tout Surplus, elle doit se donner du mal pour effacer la terrible faute que ses parents ont commise en la mettant au monde. Eux sont allés en prison. Elle a été placée là, à l’âge de deux ans. Elle en a maintenant quinze et est un Bon Elément, qui pourra bientôt travailler pour les Légaux. Car en 2140, grâce à la Longévité, cette pilule qui empêche la dégradation et le vieillissement de l’organisme, les gens ne meurent plus. Mais comme les ressources du monde ne sont pas inépuisables, ils n’ont pas non plus le droit d’avoir des enfants. C’est le principe de la Déclaration, que tout le monde signe pour prendre ces fameuses pilules. Ceux qui ne respectent pas la Déclaration sont des criminels contre l’humanité et créent des Surplus. Comme Anna. Et comme Peter, un étrange Surplus arrivé bien tard et qui semble savoir bien des choses de l’extérieur.

J’attendais beaucoup de ce premier tome de la trilogie après avoir reçu le troisième et l’avoir lu sans trop comprendre. Je suis un peu déçue de constater l’aspect très “jeunesse” de cette histoire: l’héroïne ne peut s’empêcher d’écrire dans un journal intime rose qui tombera entre de mauvaises mains, et de tomber amoureuse du premier garçon qui s’intéresse à elle et qui, comme par hasard, va tomber lui aussi instantanément amoureux d’elle. Pratique, tout ça, pour les lectrices prépubères. Mais passé cela, je suis tout de même admirative de l’idée de base, absolument géniale, d’une société qui ne meurt plus et des difficultés qu’elle a à le gérer. L’auteur a pensé à tout, notamment aux effets toujours présents de la gravité malgré l’absence de vieillissement (donnant lieu à des soutien-gorges aux armatures bétonnées) ou au danger des liaisons extra-conjugales qui peuvent faire passer automatiquement un enfant de Légal à Surplus s’il n’a pas eu la chance de naître le premier. On nous décrit également un monde où les Surplus sont habitués à être traités comme quantité négligeable, y compris par les autres Surplus, car chacun doit apprendre Où-est-sa-place et ils ne se gênent pas pour se le rappeler entre eux, et particulièrement à ceux qui refusent leur situation et clament à qui veut l’entendre qu’ils sont Légaux et qu’ils sont là par erreur. Difficile alors d’ôter de la tête de ceux qui sont soigneusement embrigadés depuis l’enfance qu’ils n’ont pas la moindre valeur… L’univers créé est donc très cohérent et très sombre, et vu que le suivant se passe dix ans plus tard, il promet d’être plus sombre encore. Une bonne dystopie donc, qui manque toutefois un peu de maturité.

La note de Mélu:

Note 4

Une lecture agréable et un livre bien conçu.

Titre original: The Declaration (traduit de l’anglais)

Un mot sur l’auteur: Gemma Malley (née en 1961) est une auteure britannique. D’autres livres de cet auteur sur Ma Bouquinerie:

Sentiment26  la révélation