le pain noirLa petite Catherine Charron a sept ans et vit une enfance heureuse dans la métairie. C’est du moins ce qui lui paraît du haut de ses huit ans. Car autour d’elle, on sent bien que tout ne va pas si bien que ça: la nourriture n’est pas si facile à trouver, même si l’on parvient encore, les jours de fête, à faire des dorées, les fameuses tartines qui fondent dans la bouche. Elle aimerait bien aller à l’école, apprendre à lire comme ses deux frères mais la place des filles n’est pas à l’école. Alors on travaille. Il le faut bien, car régulièrement, une nouvelle bouche à nourrir vient agrandir la famille et resserrer un peu plus les ceintures. Et si le mariage de la soeur aînée vient soulager un peu la famille, chaque événement vient rendre la vie un peu plus difficile. Une blessure, un travailleur en moins, et c’est toute la famille qui se voit menacée d’être expulsée de la métairie.

Voici une histoire qui se déroule sur la longueur et qui tient essentiellement sur son ambiance. Nous sommes à la fin du XIXème siècle et la misère du peuple a tout de celle que décrivait Zola: les longs et lourds travaux dans les champs, la recherche du moindre sou, les enfants qui dorment deux par lit… Au départ, j’ai donc eu du mal à rentrer dans l’histoire où il se passait peu de chose. Les choses s’accélèrent avec le mariage de la soeur et l’accident du frère, qui font prendre conscience que l’équilibre de cette famille est bien fragile. Ils recherchent quel saint prier pour sauver leur enfant tout en refusant avec ferveur de vendre les rares bijoux symboliques qui leur restent pour payer le docteur. Ils se voient contraints de placer comme servante une enfant de huit ans pour qu’elle puisse coûte que coûte gagner son pain. On est bien loin de l’enfant choyé… J’ai suivi avec attention la maladie du frère de Catherine, dont on menace de couper la jambe, et ses tentatives pour se rendre malgré tout utile. J’ai suivi avec un pincement au coeur les différentes solutions envisagées par les parents pour joindre les deux bouts sans priver leurs enfants. J’ai suivi avec un mélange d’horreur et de compassion ces nouveaux bébés qui naissent les uns après les autres. Et j’ai suivi l’endurcissement de cette petite fille qui voulait apprendre à lire et qui se retrouve, à huit ans, à faire des ménages comme sa mère…

La note de Mélu:

Note 4

Un digne successeur de Zola.

Un mot sur l’auteur: Georges-Emmanuel Clancier (né en 1914) s’est inspiré de la vie de sa grand-mère pour raconter le quotidien de ces métayers. C’est un poète et écrivain français.

challenge petit bac

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