Cette semaine, voici un peintre britannique: George Romney (1734-1802) qui a eu pendant plus de dix ans le même modèle, dont voici un des portraits: Emma Hamilton en chapeau de paille:

George_Romney_-_Emma_Hart_in_a_Straw_Hat

Le modèle est Emma, lady Hamilton, muse du portraitiste. Fille de forgeron, sans éducation, elle épouse Lord Hamilton après s’être efforcée de devenir une lady par nécessité financière. Grâce à la position de son mari, ambassadeur britannique, elle est devenue une proche de la reine de Naples Marie-Caroline d’Autriche (la soeur de la célèbre Marie-Antoinette). C’est à la cour de celle-ci qu’elle rencontre le célèbre amiral Nelson, artisan de la victoire de Trafalgar où il perdra la vie. Elle devient sa maîtresse pendant plusieurs années. La demoiselle a donc plutôt bien réussi son cheminement. Mais à l’époque de ce portrait, elle n’est pas encore la célèbre lady.

On retrouve là un portrait qui vise réellement à mettre en valeur la personne et rien d’autre: cadré en buste, sur un fond neutre, assise sur une chaise. La robe est simple, d’un délicat ton rose qui fait ton sur ton avec sa peau. Le fameux chapeau joue à la fois le rôle d’ornement et de masque: il plonge le regard de la dame dans l’ombre, et son côté sombre surmonté de ruban noir forme un étonnant contraste avec la candeur lumineuse de la robe. Comme si l’on avait une jeune fille pimpante aux pensée déjà torturées. Ce qui m’a surtout attirée, c’est la pose: Emma penche la tête, tient son coude, jette en petit regard par en-dessous au spectateur. Et elle ne sourit pas. Du coup, il m’est difficile de déterminé si ce regard a quelque chose de mutin, de provocateur, ou au contraire un air un peu effrayé, timide. Idem pour la position des bras: croisés ainsi sur la poitrine, ils donnent une impression de protection, mais on à l’impression qu’Emma se tient le menton dans une poste très calculée. Entre séduction et timidité. Ralala, quelle maligne, cette Emma!

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