Rose-Tatiana-de-Rosnay1A Paris, certaines vieilles rues traditionnelles sont en émoi: le nouveau préfet de l’empereur Napoléon III, un certain baron Haussmann, vient de lancer des grands travaux visant  à assainir la ville et la perçant d’immense boulevards. Si certains saluent la modernité en marche, d’autres voient avec horreur leur avis d’expulsion et la destruction de la maison qui les a vu naître. Parmi eux, Rose, une vieille dame qui vit rue Childebert, une des rues menacées. Mais Rose a décidé de résister. Cette maison, elle y a vécu toute sa vie, elle ne peut se résoudre à cette prétendue modernité qui veut raser tous ses souvenirs. C’est là maintenant qu’elle écrit une longue lettre à son mari, son Armand, mort depuis quelques temps déjà mais le seul à comprendre ce que cette maison représente pour elle. Elle lui raconte donc son combat quotidien contre les travaux qui ont déjà commencé, contre l’avis de ses voisins généralement favorables à ce futur en marche, mais aussi ses souvenirs et tout ce qui la rattache à ces murs.

Il y avait quelques temps que je n’avais pas lu un roman épistolaire. Ici, on alterne les longes confessions de Rose à son mari, sorte de journal intime puisqu’il reste sans réponses, avec les autres lettres, celles échangées autrefois et aujourd’hui. La forme a l’avantage de permettre un épanchement des sentiments sans limite, et il fonctionne: j’ai été très touchée par ce personnage et son attachement à sa maison. C’est là qu’elle construit une très belle histoire d’amour et de famille, avec son mari et sa belle-mère (sa “maman Odette”), donnant tout son sens à la notion de foyer. C’est aussi là qu’elle apprend à en endurer les fissures, qu’il s’agisse de celle de son coeur de mère ou de son veuvage. C’est là qu’elle cherche et construit le refuge, dans sa crainte que quelqu’un n’entre dans la maison en son absence ou pire, en sa présence.
Hélas, cette introspection a le défaut de laisser trop peu de place à l’action et globalement, j’ai trouvé le roman assez lent, trop parfois, il manquait de cette spontanéité vivante typique du roman épistolaire. J’ai donc eu un peu de mal à avancer, même si cela s’améliore dans la deuxième partie grâce une pointe de suspens autour d’un secret de famille et quelques lettres qui s’affolent – enfin! – que certains résistent encore et toujours au démolisseur.

La note de Mélu:

  Note 3

De très bons éléments mais une lecture un peu poussive. D’autres ont été plus touchés que moi par ce roman comme l’Irrégulière, Lasardine, Clara, Stephie, Esmeraldae.

Un mot sur l'auteure: Tatiana de Rosnay (née en 1961) est une auteure qui écrit en Français et en Anglais. D'autres livres de cette auteure sur Ma Bouquinerie:

la mémoire des murs

challenge petit bac

 

catégorie “végétal”