mystère rue des saint-pèresQu’y a-t-il rue des Saints-Pères? Une librairie, tenue par Victor Legris, trentenaire un peu dragueur, passionné de photographie, et son protecteur Kenji Mori, un Japonais au passé mystérieux qui l’a quasiment élevé. En ce mois de Juin 1889, l’exposition universelle bat son plein, et sa pièce de résistance, la tour Eiffel, attire une foule toujours plus importante. Marius Bonnet vient de lancer son nouveau journal et demande à Victor Legris d’y tenir une critique littéraire. Mais au moment même où ils discutent cette collaboration, au premier étage de la tour, une jeune femme s’effondre, morte. Une aubaine pour les nouveaux journalistes qui couvrent l’information en exclusivité! Des piqures d’abeilles mortelles? Voilà de quoi passionner les enquêteurs amateurs, et surtout Victor Legris lorsqu’il se rend compte que la victime suivante a des liens non seulement avec Tasha la jolie caricaturiste du journal qui lui plaît beaucoup, mais aussi avec Kenji Mori lui-même.

J’ai mis du temps à lire ce roman, à cause d’un contexte peut propice à la lecture. Néanmoins, j’en retire l’impression qu’il est bourré de qualités. D’abord avec un protagoniste très attachant: Victor Legris a un côté un peu exaspérant qui m’a bien plu, lassé par une maîtresse trop coquette à laquelle il ne trouve plus grand intérêt, émoustillé par une jolie rousse à laquelle il attribue volontiers le bon dieu sans confession comme les pires crimes, et surtout, perpétuellement absent de sa librairie, un peu roublard pour arriver à ses fins, et qui a définitivement attiré ma sympathie avec ses crises de migraines. Son histoire personnelle est d’ailleurs autant mis à l’honneur que l’enquête et cela nous donne un roman policier avec des personnages soigneusement travaillés et complexes. Tout comme l’univers qui les entoure: on plonge dans un Paris du XIXème siècle étonnant de réalisme, ancré dans un événement historique plus que concret, dans lequel on croisera même des personnages historiques réels (Anatole France, en l’occurrence) et une foule de petits détails sur les avancées de la science ou de la médecine de l’époque. Un univers à la Zola ou Maupassant, avec un style moderne et une histoire très bien pensée dont la chute est parvenu à m’étonner.

La note de Mélu:

Note 4

Une découverte un poil laborieuse mais qui m’a donné envie de lire un autre tome des enquêtes de Victor Legris.

Un mot sur l’auteur: Claude Izner est le pseudonyme de deux soeurs, Liliane et Laurence Korb, toutes deux bouquinistes à Paris.

challenge petit bac

catégorie “géographie”

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