le problème avec janeJane, jeune professeure de Français dans une université américaine, rentre chez elle en espérant trouver un message d’Alex. A la place, elle trouve un manuscrit. Sur la première page est écrit un titre: “Le problème avec Jane – roman”. Pas d’auteur, pas d’expéditeur. Elle en commence alors la lecture: c’est bien sa propre vie, dans les moindres détails, qui y est raconté. La voici donc plongée dans la lecture de son histoire, en essayant de comprendre qui a bien pu connaître tous ces détails et écrire un tel livre. On découvre alors les errances de Jane, professionnelles d’abord, celle d’une professeure dans une petite université où elle s’ennuie, qui cherche à se faire une place, à se faire publier, à se faire reconnaître par ses pairs. Mais surtout ses errances amoureuses, depuis son petit ami qui l’humilie jusqu’au brillant collègue qu’elle essaye d’impressionner, et surtout, son mari, avec qui elle connaîtra le bonheur. Mais lorsque son métier l’oblige à vivre séparée de lui pendant de longs mois, difficile pour elle de savoir où elle en est, d’avoir ce qu’elle veut, de s’accomplir, finalement.

Lorsque j’ai ouvert ce livre, j’étais très curieuse de cette structure: nous avons en fait dans les mains le “roman” manuscrit écrit pour raconter sa propre vie. Parfois, entre deux chapitres, une parenthèse nous relate les réactions de la lectrices, ses interrogations quant à l’identité de son mystérieux biographe, ses hypothèses. Le suspens est soigneusement entretenu jusqu’à la fin. Néanmoins, on est bien loin de l’ambiance malsaine du psychopathe qui l’a observé à son insu (Jane elle-même ne s’inquiète pas le moins du monde de savoir que quelqu’un a recensé ses moindres faits et gestes), et si vous espériez une sorte de thriller psychologique, passez votre chemin. C’est plutôt dans une gigantesque introspection que Jane est entraînée. Et lorsque j’ai compris cela, j’ai été un peu déçue, surtout que Jane n’est pas un personnage agréable: molle, sans grande personnalité, se lamentant de ne pas avoir d’homme et de n’arriver à rien, j’ai souvent eu envie de la secouer un peu. Mais est-ce là réellement le caractère de Jane ou l’image que l’auteur anonyme veut lui renvoyer? Car la Jane lectrice, elle, est évoquée avec bien plus de sobriété et de fermeté… Cette ambigüité du personnage a fini par faire mouche. Et en fin de compte, j’ai réussi à m’attacher à cette fille qui souffre finalement d’un mal bien moderne, la solitude due à un métier qui n’évolue pas, qui envoie son mari à l’autre bout du monde et qui l’oblige encore et toujours à différer ses projets. Et finalement, j’ai refermé le livre satisfaite de ma lecture et bien plus concernée par le problème de Jane.

La note de Mélu:

Note 3

Un livre qui aurait néanmoins gagné à développer son angle de vue si intéressant.

Un mot sur l’auteur: Catherine Cusset (née en 1963) est une auteure française, agrégée de lettres classiques, qui a enseigné la littérature française à l’université de Yales, aux Etats-Unis, où elle réside toujours.

challenge petit bac

catégorie “prénom”