la vampireParis, sous le consulat du général Bonaparte dont certains savent déjà qu’il finira empereur, un complot se trame pour l’empêcher d’arriver à ses fins. Mais une autre rumeur se répand tout aussi vite: il y a une vampire à Paris! D’étranges disparitions sèment la terreur. De quoi alimenter tous les ragots de la capitale. En effet, des ombres passent dans la nuit… Celle de René, un jeune homme fasciné par une troublante jeune femme qui apparaît tantôt brune, tantôt blonde. Derrière lui, la tendre Angèle le suit à la trace: ils doivent se marier bientôt, mais elle sent que René est distant. Que lui cache-t-il? Il faut dire que René est le neveu du plus influent opposant à Bonaparte… Alors, véritable vampire ou conspiration politique?

Bien mené, ce roman m’a plu par son ton enlevé romantique, cette exaltation qui n’est pas sans rappeler Dumas, qui mêle volontiers les faux démons politiques et les vrais démons surnaturels. La langue en est cependant un peu plus complexe et monsieur Féval apprécie les digressions et longues explications que je n’ai pas hésité à lire en diagonale. Passé cela, j’ai été fascinée par cette intrigue: on plonge dans un univers glauque, où les traitres couvent de partout, où chacun peut avoir quelque chose à cacher, une véritable plongée dans le Paris populaire du XIXème siècle. On découvre petit à petit que chacun est à cran avec cette instabilité politique, ce citoyen qui pourtant vise l’empire. J’ai été également très touchée par le jeune couple: René et Angèle sont l’exemple même de l’innocence, de personnages fragiles et pures, lorsque passe par là une trop belle jeune femme qui lui fait perdre la tête. Et bien sûr, cette vampire… elle mêle avec brio le mythe obscur venu de l’est, la contagion politique, le fantôme gothique, et la femme fatale au sens premier du terme. Le mystère est entier et jusqu’aux dernières pages, il est impossible de savoir ce qu’il en est vraiment. Grâce à une fantasmagorie qui nous montre un véritable monstre aussi terrifiant qu’il est séduisant, l’image du vampire fait froid dans le dos et gagne une envergure assez rare.

La note de Mélu:

Note 4

Une excellente surprise.

Un mot sur l'auteur: Paul Féval (1816-1887) est un auteur français plus connu pour son roman Le Bossu.

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6/8