le ballet des âmesNous sommes en 1210. Enora est une orpheline élevée par une villageoise rude et violente. Sans passé, sans avenir, elle s’émerveille de la contemplation de la nature et de ses beautés. Un jour, au cours d’un orage, voici que le monde autour d’elle s’estompe et qu’un univers nouveau lui apparaît: une dryade, magnifique créature vivant dans un cerisier, la prend sous sa réconfortante protection. Pour celle qui se demande à quoi bon vivre dans la misère, souffrir, n’avoir aucune joie dans la vie, quel bonheur d’envisager qu’une telle créature puisse venir la chercher et l’emmener avec elle! Mais sa destinée est tout autre. La guérisseuse du village voit une marque inhabituelle au creux de ses reins, qui lui rappelle une terrible prophétie. Les choses se précipitent lorsque le seigneur Josselin de Kerjean l’embauche comme nouvelle chambrière. On dit qu’il a fait jeter la précédente du haut de la falaise…

Au risque de spoiler, j’ai pris le parti de faire un résumé un peu plus complet que ce que l’on trouve habituellement sur ce roman, car même si la seule plume de Céline Guillaume me promettait un bon moment de lecture, j’ai été un peu frustrée par la quatrième de couverture qui m’a empêchée de savoir de quoi parlait il parlait. Oui, je suis pragmatique, j’aime quand il y a une histoire à suivre. Et l’histoire de cette héroïne a de quoi surprendre. Tout commence comme dans un conte de fée, avec une héroïne à la Cendrillon sur laquelle la vie semble s’acharner et qui voit surgir une bonne fée en la personne de cette dryade lumineuse et radieuse. On s’attend bien sûr à ce que tout tourne en sa faveur, et pourtant… La langue onirique, soignée, ciselée de Céline Guillaume nous fait la surprise de plonger son héroïne dans un univers cruel, violent, sanglant, sadique. Car le Moyen Age de Céline Guillaume n’est pas seulement féérique. Certes, on y croise des prophéties, des créatures issues d’un autre monde, des guérisseuses obscures, toute faisant de la femme un être aussi beau que mystérieux. Mais c’est aussi la période des guerres sans pitié, des terres conquises au prix de massacres sans scrupules, de la domination et des tortures. Le seigneur de Kerjean, dont on parle longtemps, que l’on redoute longtemps avant de le voir apparaître, cristallise ces deux aspects, par son passé obscur et sa réputation terrifiante. Le trajet d’Enora ne cesse d’osciller entre émerveillement mystique et violence prosaïque, et en refermant le livre, j’en ai été ébranlée profondément. Et je le dis tout net avec toute ma subjectivité de lectrice: la fin m’a déplu! Elle est parfaitement réussie, mais de manière purement affective, j’aurais vraiment aimé que le livre se termine autrement.
Ce qui m’a par contre un peu gênée, ce sont les coquilles que j’ai vues se glisser dans le livre et sur lesquelles j’ai buté. Les Editions du Riez gagneraient à proposer à ce livre une relecture supplémentaire.

La note de Mélu:

Note 4

Une note subjective parce que je me suis sentie trop mal en refermant le livre, preuve qu’il marque profondément. Un immense merci à Céline Guillaume pour sa dédicace et sa gentillesse.

Un mot sur l’auteure: après des années de danse classique, Céline Guillaume, passionnée d’histoire médiévale, a publié plusieurs romans et nouvelles. Découvrez-la sur son site internet et à travers ses autres romans sur Ma Bouquinerie.

le-serment-de-cassandralitanie_des_anges_celine_guillaume_lokomodo

 

 

 

 

 

 

 

challenge petit bac

catégorie “sport/loisir”