hunger-gamesKatniss Everdeen est toujours en vie, malgré deux passages dans l’arène des Hunger Games. Elle a été exfiltrée par la résistance. Car sans qu’elle le sache, celle-ci s’est organisée, s’est rassemblée sous les décombres de l’ancien district 13, et a fait de Katniss son symbole médiatique. A présent, il s’agit d’aller jusqu’au bout: pirater les réseaux de télévision et faire savoir à tout Panem que leur Geai Moqueur leur montrera la voie de la liberté. Mais Katniss a bien du mal à se faire à tout cela. Elle, un symbole rassembleur, alors qu’elle n’a jamais réussi à se mettre dans la peau d’un leader charismatique? Mais il y a plus grave: Peeta lui n’a pas été tiré de l’arène, et il est probablement prisonnier du Capitole.

J’avais vraiment hâte de découvrir la fin de cette trilogie d’une rare qualité. Le ton change radicalement par rapport aux tomes précédents et encore une fois, je trouve dommage qu’on n’ait pas fait un effort dans la traduction et la mise en valeur des titres. Passons. On retrouve une Katniss toujours aussi têtue, incapable de se plier aux ordres et aux plans établis, et déchirée entre son désir de mettre fin à un système qui lui aura tout pris et sa peur de se voir confier un rôle bien trop large pour ses petite épaules et ses petites ambitions. Car si elle est le symbole, elle n’est que cela. Ce sont les dirigeants de la résistance qui lui indiquent quoi faire, que dire, quel rôle jouer et qui choisissent les étapes de la bataille à mener. Sauver Peeta ne fait décidément pas partie de leurs priorités.  J’ai tout particulièrement aimé comment le personnage se cherche dans ce tome, notamment face à Gale. Car le grand absent des deux tomes précédents sort enfin du brouillard et se révèle dans toute l’ampleur du personnage: déterminé, fort, endurci par ses années de lutte et de débrouille pour sauver la vie des siens. Ce que j’ai aimé, c’est donc que le roman développe les pistes des précédents: un monde qui vit par écran interposé et qui doit utiliser ces mêmes écrans pour se sauver, des personnages oppressés qui paradoxalement doivent se plier à une terrible rigueur s’ils veulent se libérer de leur carcan. Ce que j’ai regretté, c’est qu’on ne retrouve pas sur la longueur le souffle d’originalité du premier opus. La course-poursuite finale pour atteindre le président Snow m’a presque paru trop longue, car elle était inévitable et  n’a pas su me surprendre. Néanmoins, j’ai apprécié l’art de la nuance, le refus d’une victoire franche et facile, et les mauvais traitements infligés à Katniss qui n’est ni une princesse ni une superwoman et est loin d’être ménagée. Noir, amer, ce titre clôt la trilogie avec brio.

La note de Mélu:

Note 4

Une fin qui ne surpasse pas les précédents, mais qui leur fait honneur.

Un mot sur l’auteur: Suzanne Collins, romancière américaine, s’est fait connaître avec Hunger Games et L’Embrasement.

Titre original: Mocking Jay (traduit de l'Anglais)

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